Les sorties de la semaine
k k Anthony Zimmer,
de Jérôme Salle
Pour son premier long métrage, Jérôme Salle s’essaye à un genre longtemps délaissé en France, le film à suspense. Le cinéaste Frédéric Schoendoerffer l’avait déjà remis au goût du jour avec Agents secrets, mais ici, le néophyte présente une autre approche. Anthony Zimmer est effectivement construit autour d’une intrigue aux couleurs hitchcockiennes: un homme rencontre une femme sublime. Un matin, cette femme disparaît. C’est alors qu’on sonne à la porte de l’homme en question et qu’on tente de le tuer.
Basé sur un schéma ultraclassique qui mêle faux-semblant, chassé-croisé, mensonge et femme fatale, le cinéaste offre une jolie petite histoire aussi accrocheuse qu’élégante. Dans une Côte d’Azur fantasmée, Jérôme Salle filme le luxe, l’esthétique, la beauté et surtout la séduction à travers de magnifiques cadrages et de superbes prises de vues, tout en ombre et lumière. Séduction exploitée pour notre plus grand plaisir à travers le duo très convaincant que présente Yvan Attal et Sophie Marceau. L’un passe avec brio du blaireau hébété à l’homme charismatique, l’autre excelle dans le rôle de la femme fatale mystérieuse et menteuse. Le couple marche si bien qu’on en oublierait presque l’intrigue. Il est intéressant de constater que le spectateur reste néanmoins accroché à cette histoire où pas grand-chose ne se passe.
Concorde, Abraj, Zouk
k Dark Water,
de Walter Salles
Dark Water est le remake américain du film éponyme réalisé par Hideo Nakata, auteur de la série des Ring, laquelle avait également fait l’objet de remake aux États-Unis.
Bien qu’américanisé, la «japanese touch» est bel et bien présente. Plusieurs parallèles peuvent d’ailleurs être faits entre The Ring et Dark Water: menace qui vient d’un lieu pourtant sûr (l’habitation), bruits étranges, phénomènes mystérieux, relation entre une mère et son enfant. L’histoire met également le doigt sur l’importance de notre passé, le poids de nos souvenirs, le sentiment d’abandon et la solitude.
Certainement moins impressionnant et efficace en terme de peur et de montée d’adrénaline que The Ring, le film parvient tout de même à instaurer une certaine atmosphère angoissante à travers la musique d’Angelo Badalementi (compositeur attribué des films de David Lynch) et le lieu même où se déroule l’histoire. Plus l’intrigue avance, plus le quartier de Roosevelt Island devient un personnage à part entière. Cette île, reliée à Manhattan par un pont, renferme des bâtiments sombres et glauques qui dominent et surplombent un minuscule périmètre. Le cinéaste a très intelligemment su filmer ce décor imposant. De la laideur naît la beauté, et vice versa.
Dark Water, moyennement effrayant car trop familier (du moins pour les aficionados des films d’horreur japonais), repose énormément sur ses acteurs de talents. Jennifer Connelly interprète avec brio une femme à la frontière de la folie, alors que John C. Reilly joue à la perfection l’agent immobilier roublard et hypocrite. Les seconds rôles ne sont pas moins décevants: Tim Roth est égal à lui-même en avocat concerné et le physique singulier de l’acteur shakespearien Pete Postlethwaite accapare l’écran.
Concorde, Abraj, Zouk
k Fantastic Four,
de Tim Story
Après Spiderman, Superman, Hulk et autres X-men, c’est à une autre des bandes dessinées phares de la firme Marvel d’être adaptée au cinéma. Tout droit sorti de l’imaginaire de Stan Lee, Fantastic Four constitue un des plus gros succès jamais réalisés pour une série de comics. Le film présente une intrigue ainsi que des personnages ultrasimplistes, le but étant d’exploiter au maximum les superpouvoirs des héros et les effets spéciaux.
L’histoire tourne autour de quatre personnages ordinaires qui, lors d’une mission spatiale, sont touchés par des particules radioactives qui altèrent leurs codes génétiques. Chacun se voit alors doté d’un pouvoir spécifique: un homme qui s’allume comme une torche, une femme invisible, un homme surpuissant et un autre élastique. Malgré une idée de départ plutôt sympathique, le film accumule des défauts fâcheux, à commencer par une intrigue qui tourne en rond deux heures durant et des personnages absolument pas développés. Certes, les prouesses techniques et visuelles sont indéniables, mais elles ne suffisent pas à booster un rythme qui a tendance à piétiner. Il aurait fallu plus de rebondissements, plus de densité chez nos héros. Malheureusement, le jeu approximatif (pour ne pas dire mauvais) de Jessica Alba dessert encore plus le film. Essentiellement destiné aux enfants, Fantastic Four se plaît à user et abuser des effets spéciaux, le tout sur une musique «spéciale jeune».
Les adaptations de BD sur grand écran semblent dernièrement donner des signes d’usure…
Espace, Freeway,
Circuit Empire- sauf Sofil et St-Elie
k The Truth About Love,
de John Hay
Voilà l’exemple type de la comédie romantique. Absolument tout y est: le happy end, les rebondissements prévisibles, la jolie fille, le joli garçon, la course derrière le train etc. Après If Only, Jennifer Love Hewitt réitère avec le genre. Elle campe cette fois le rôle d’Alice, l’épouse naïve et fleur bleue qui décide de tester la fidélité de son mari (Jimi Mistri) en lui envoyant une lettre d’amour anonyme. Se greffe également une troisième personne: l’homme ténébreux, un peu discret et évidemment séduisant (Dougray Scott) qui aime secrètement Alice. Le triangle une fois construit, à nous spectateurs de nous laisser aller, de suivre cette romance sur fond de paysages anglais (Bristol, en l’occurrence) et d’accepter les personnages ultracaricaturaux ainsi que les clichés gros comme une maison. Certainement plus approprié au petit écran, The Truth About Love n’apporte rien de nouveau si ce n’est qu’il fait passer gentiment le temps.
Empire ABC/Sodeco/Dunes/Galaxy,
Espace
Sorties prévues pour le jeudi 18/08 (sous réserves) :
– Bewitched, de Nora Ephron, avec Nicole Kidman et Will Ferrell.
– Churchill: The Hollywood Years, de Peter Richardson, avec Christian Slater et Neve Campbell.
– The Upside of Anger, de Mike et Jack Binder avec Kevin Costner, Joan Allen et Erika Christensen.
– Football Factory, de Nick Love, avec Danny Dyer, Frank Harper et Tamer Hassan.
– The Twins Effect, de Dante Lam, avec Charlene Choi, Gillian Chung et Jackie Chan.
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