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Actualités - Opinion

Analyse - La rébellion du PKK, obstacle au développement des relations irako-turques

Les Kurdes de Turquie sont fiers des pouvoirs qu’ont obtenus leurs cousins et voisins du nord de l’Irak, mais le havre qu’offrent ces derniers aux rebelles du PKK nourrit à Ankara la crainte du séparatisme et nuit au développement des relations régionales. Les autorités turques tiennent les Kurdes d’Irak pour partiellement responsables de la recrudescence des attaques menées dans le Sud-Est anatolien par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a trouvé refuge depuis 1999 dans les monts Kandil, sur leur territoire. Leurs reproches s’adressent également aux États-Unis, qui hésitent à intervenir pour fermer les camps du PKK dans le nord de l’Irak, assombrissant les liens entre les deux membres de l’Otan. L’armée turque, qui a perdu au moins 32 hommes depuis l’intensification des accrochages en avril, estime que le PKK, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne, bénéficie en Irak de « conditions idéales » grâce à des soutiens étrangers. « Nous observons de près comment la nouvelle administration irakienne va aborder les activités de cette organisation et quelles mesures elle prendra pour les empêcher », a déclaré le général Yasar Buyukanit, commandant de l’armée de terre, cité par la presse turque au début du mois. Les rebelles sont non seulement en mesure de maintenir leurs camps, mais aussi d’obtenir des armes, de se déplacer facilement et d’accéder à des centres médicaux pour leurs soins, a-t-il affirmé. Le conflit qui a opposé l’armée turque et le PKK dans le Sud-Est anatolien à majorité kurde entre 1984 et 1999 a fait quelque 37 000 morts, causé des destructions massives et coûté à la Turquie des milliards de dollars. Un retour du chaos dans la région mettrait en danger la stabilité difficilement acquise de la Turquie et son projet d’adhésion à l’UE. Sur les quelque 5 000 militants qui se sont retirés dans le nord de l’Irak en 1999 après que le PKK eut décrété unilatéralement un cessez-le-feu, au moins 1 500 se seraient à nouveau infiltrés en Turquie depuis la fin de cette trêve en juin 2004. Avant l’invasion de l’Irak par une coalition menée par les États-Unis en 2003, les troupes turques ont effectué, avec l’aval de Washington et le soutien local du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), plusieurs incursions dans le Nord irakien, alors hors du contrôle de Bagdad, pour poursuivre les guérilleros du PKK. La guerre a cependant changé la donne. Les États-Unis, embourbés dans les violences frappant le reste de l’Irak, sont peu désireux de déplacer leurs troupes vers une région qu’ils considèrent comme relativement stable. Le chef du PDK, Massoud Barzani, devenu président du Kurdistan irakien, n’entend pas non plus, selon les analystes, se lancer dans des combats avec d’autres Kurdes, particulièrement à un moment où Ankara exerce des pressions contre les Kurdes d’Irak pour leur faire abandonner tout projet de sécession. La Turquie craint qu’une éventuelle autonomie des Kurdes d’Irak ne constitue un exemple pour sa propre minorité kurde, à laquelle elle a récemment octroyé plus de droits culturels mais qui est en admiration devant ses cousins irakiens. « La Turquie devrait se débarrasser des craintes que ses Kurdes suivent les traces des Kurdes d’Irak », a déclaré à l’AFP Osman Baydemir, le maire de Diyarbakir, principale ville du Sud-Est anatolien. « Si la Turquie ouvre ses bras à ses populations kurdes et leur garantit leurs droits, ce sont les Kurdes d’Irak qui vont finir par admirer Diyarbakir », ajoute-t-il. Pour le politologue Dogu Ergil, les Kurdes d’Irak voient le PKK comme un « atout » et un « allié naturel » contre la Turquie, si d’aventure elle agissait contre eux pour empêcher leur autonomie. « Le jour où la Turquie déclarera qu’elle accepte un État fédéré kurde (en Irak), il ne restera plus aucune trace du PKK là-bas », poursuit-il. Sibel UTKU BILA (AFP)
Les Kurdes de Turquie sont fiers des pouvoirs qu’ont obtenus leurs cousins et voisins du nord de l’Irak, mais le havre qu’offrent ces derniers aux rebelles du PKK nourrit à Ankara la crainte du séparatisme et nuit au développement des relations régionales.
Les autorités turques tiennent les Kurdes d’Irak pour partiellement responsables de la recrudescence des attaques menées dans le Sud-Est anatolien par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a trouvé refuge depuis 1999 dans les monts Kandil, sur leur territoire.
Leurs reproches s’adressent également aux États-Unis, qui hésitent à intervenir pour fermer les camps du PKK dans le nord de l’Irak, assombrissant les liens entre les deux membres de l’Otan.
L’armée turque, qui a perdu au moins 32 hommes depuis l’intensification des accrochages en...