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EDL, la Syrie et la réforme

La réforme ? Elle était impossible tant que Damas se mêlait de nos affaires. C’est en tout cas le postulat le plus fréquemment entendu à Beyrouth. Pourtant, au détour d’une information, on apprend que la Syrie avait octroyé au Liban des conditions préférentielles pour lui livrer du gaz : le mètre cube lui était concédé à des prix nettement inférieurs à ceux du marché. Jusqu’à ce que Damas décide récemment de suspendre cet accord, au motif que Beyrouth souhaite remettre en cause l’ensemble de ceux qui le lient à la Syrie, les jugeant léonins par nature. La réaction syrienne n’est certainement pas charitable, de même que le blocage prolongé des camions libanais aux frontières. Ce qui devrait pousser les autorités libanaises à multiplier les efforts pour tenter de rétablir de meilleures relations économiques avec leur voisin. Mais la question n’est pas là. La livraison de gaz syrien aurait permis depuis des années à Électricité du Liban de réaliser des économies substantielles, évaluées à 150 millions de dollars. Brûler du gaz au lieu du gasoil aurait compensé environ le tiers de ses pertes. Des solutions étaient à portée de main, mais, curieusement, personne ne les a saisies. La faute à Damas ? Tant que l’on restera dans cette logique, aucune réforme ne sera possible. Les Libanais sont passés maîtres dans l’art de se défausser de toute responsabilité. De la dette publique aux accidents de la route, en passant par l’absence de réseaux d’égouts, ou encore le coût record de notre système de santé… rien ne serait imputable à la légèreté de la classe politique libanaise. Quoi qu’il en soit, depuis qu’elle a recouvré sa souveraineté, elle devient en tout cas redevable de ses actes envers les citoyens. Certains cherchent du côté de Paris, Washington ou Ryad de quoi alléger le poids de cette responsabilité. Espérons que, cette fois, ils ne trouveront pas d’oreille complaisante. Sibylle RIZK
La réforme ? Elle était impossible tant que Damas se mêlait de nos affaires. C’est en tout cas le postulat le plus fréquemment entendu à Beyrouth. Pourtant, au détour d’une information, on apprend que la Syrie avait octroyé au Liban des conditions préférentielles pour lui livrer du gaz : le mètre cube lui était concédé à des prix nettement inférieurs à ceux du marché. Jusqu’à ce que Damas décide récemment de suspendre cet accord, au motif que Beyrouth souhaite remettre en cause l’ensemble de ceux qui le lient à la Syrie, les jugeant léonins par nature.
La réaction syrienne n’est certainement pas charitable, de même que le blocage prolongé des camions libanais aux frontières. Ce qui devrait pousser les autorités libanaises à multiplier les efforts pour tenter de rétablir de meilleures relations...