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Actualités - Opinion

Juste fatwa

Au Liban, les dignitaires religieux se répartissent en deux catégories : ceux qui éclairent parfois le chemin et les autres. Sayyed Mohammed Hussein Fadlallah fait sans doute partie de la première lignée. Ce n’est certes pas la première fois que le grand uléma chiite, qui vient de décréter une fatwa contre les tirs de réjouissance et autres actes barbares hélas répandus sous nos latitudes, fait preuve de sagesse et de modernité. On connaît ses prises de position très souvent audacieuses sur de nombreux problèmes de société. Son initiative n’en reste pas moins louable, surtout au regard de l’inaction des responsables politiques concernés. Il est vrai que Nabih Berry, dont les partisans avaient, dans leur joie débordante après la réélection de leur champion, tué trois personnes, blessé sept autres et semé la panique dans diverses régions du pays, avait appelé ses troupes à s’abstenir d’exprimer leur réjouissance par des tirs et autres actes illégaux. Un appel qui, naturellement, n’avait pas été entendu. Il est vrai aussi que, le lendemain de sa réélection, il s’est excusé de ne pouvoir recevoir les vœux en raison des incidents. Toutefois, s’agissant d’excuses, c’était aux victimes, à leurs proches et à toute une population terrorisée qu’il aurait fallu les adresser dès le premier jour. Ce n’est qu’hier soir, à la LBC, que M. Berry s’est dédouané. Invité de l’émission de Marcel Ghanem, Kalam el-Nass , il a affirmé avoir décidé de prendre à sa charge les frais d’hospitalisation des blessés et a formulé des excuses en son nom et en celui de ses partisans. Quant aux autorités, après un moment de flottement, elles se sont ressaisies en arrêtant une centaine d’individus et en engageant des poursuites contre eux. Il reste à souhaiter que ces poursuites iront jusqu’à leur aboutissement naturel. Faute de quoi, on ne devra plus compter que sur des fatwas et autres décisions religieuses pour obtenir justice dans ce pays. E.F.
Au Liban, les dignitaires religieux se répartissent en deux catégories : ceux qui éclairent parfois le chemin et les autres. Sayyed Mohammed Hussein Fadlallah fait sans doute partie de la première lignée. Ce n’est certes pas la première fois que le grand uléma chiite, qui vient de décréter une fatwa contre les tirs de réjouissance et autres actes barbares hélas répandus sous nos latitudes, fait preuve de sagesse et de modernité. On connaît ses prises de position très souvent audacieuses sur de nombreux problèmes de société. Son initiative n’en reste pas moins louable, surtout au regard de l’inaction des responsables politiques concernés.
Il est vrai que Nabih Berry, dont les partisans avaient, dans leur joie débordante après la réélection de leur champion, tué trois personnes, blessé sept autres et semé...