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Actualités - Opinion

Baroud d’horreur

Nabih Berry a le verbe haut. Du haut des 90 voix qui se sont portées hier sur son nom. Place de l’Étoile, il s’est targué de parler de démocratie, de bonne gouvernance et, bien sûr, de l’éternelle ritournelle de la résistance contre Israël. Pendant qu’il parlait, ses hordes, elles, se chargeaient de mettre en œuvre à leur manière le beau programme qu’il énonçait. Bilan : deux tués, plusieurs blessés, des dizaines d’accidents de voiture, une panique généralisée. Quelles que soient les considérations politiques qui ont amené 90 députés à voter pour la réélection de M. Berry au perchoir, un fait est certain : la révolution du 14 mars restera inachevée, non seulement parce que l’on reprend les mêmes et l’on recommence, mais aussi parce que les méthodes de pouvoir restent obstinément les mêmes. Le comportement des milices de Nabih Berry hier à Beyrouth et ailleurs ne donne pas seulement la nausée. Il invite aussi à réfléchir sur le bien-fondé des critiques adressées à la clause de la résolution 1559 du Conseil de sécurité, relative au désarmement de tous les groupes qui continuent à prétexter de tel ou tel danger pour garder leur arsenal. Admettons-le une fois pour toutes. Les armes du Hezbollah et de Amal ne servent qu’à une chose : consolider leur influence politique par les étalages de force. La mascarade des fermes de Chebaa n’a que trop duré. La soudure même dont font preuve les deux frères rivaux au sein de la communauté chiite, le verrouillage hermétique qu’ils pratiquent, en dépit de leur rivalité dès lors qu’il s’agit d’élections législatives ou de nomination à un poste qui revient à cette communauté au sein de l’État, montrent à quel point leur conception de la vie en commun est éloignée des idéaux du 14 mars. Quant à ceux qui, après avoir été parmi les faiseurs du 14 mars, ont accordé hier leur confiance à Nabih Berry, ils devraient s’interroger sur les moyens de ménager la communauté chiite sans que, pour cela, il ne faille céder au chantage de Amal et du Hezbollah. Vouloir intégrer les deux formations au processus de changement initié par le 14 mars est absolument souhaitable pour le bien-être de tout le pays. Mais encore faudrait-il que Nabih Berry et Hassan Nasrallah montrent, à cet égard, un peu plus de bonne volonté. Au-delà de Taëf, de la 1559 et de tous les textes du monde, désarmer les hordes qui déambulent encore avec leurs arsenaux et manifestent bruyamment, qui sa joie et qui sa peine, est avant tout une exigence de salubrité publique pour l’ensemble des Libanais. Et pour que la législature qui commence ne tourne pas totalement le dos au 14 mars, des excuses aux victimes et à la population s’imposent après les incidents d’hier. Élie FAYAD
Nabih Berry a le verbe haut. Du haut des 90 voix qui se sont portées hier sur son nom. Place de l’Étoile, il s’est targué de parler de démocratie, de bonne gouvernance et, bien sûr, de l’éternelle ritournelle de la résistance contre Israël.
Pendant qu’il parlait, ses hordes, elles, se chargeaient de mettre en œuvre à leur manière le beau programme qu’il énonçait. Bilan : deux tués, plusieurs blessés, des dizaines d’accidents de voiture, une panique généralisée.
Quelles que soient les considérations politiques qui ont amené 90 députés à voter pour la réélection de M. Berry au perchoir, un fait est certain : la révolution du 14 mars restera inachevée, non seulement parce que l’on reprend les mêmes et l’on recommence, mais aussi parce que les méthodes de pouvoir restent obstinément les...