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Terrorisme Les femmes kamikazes, nouvelle menace islamiste au Pakistan

L’arrestation de deux sœurs soupçonnées par les autorités pakistanaises de préparer des attentats-suicide antichiites révèle une nouvelle menace terroriste au Pakistan, frappé ces dernières semaines par une vague de violences intermusulmanes. La police pakistanaise était depuis plus d’un an sur la piste d’Arifa et d’Habiba, les deux filles d’un banquier de Karachi (Sud), lorsqu’elles ont été arrêtées en début de semaine près de Swat, un centre touristique des montagnes du nord-ouest du pays. « Elles constituaient une menace de première importance, parce qu’une attaque menée par une femme, dont on se méfie moins, aurait pu faire de gros dégâts », a expliqué hier à l’AFP un haut responsable de la lutte antiterroriste, au lendemain de l’annonce de leur arrestation. « Elles auraient pu également donner l’exemple pour d’autres femmes », a-t-il expliqué. « On était derrière elles depuis un an et c’est un grand soulagement de les avoir arrêtées », a-t-il ajouté. Durant leur cavale d’une année, les deux sœurs, qui avaient reçu une éducation supérieure, ont épousé deux militants extrémistes sunnites membres du groupe interdit Lashkar-e-Jhangvi, spécialisé dans les violences contre les chiites et lié de manière informelle à l’organisation el-Qaëda. Les deux jeunes femmes ont été arrêtées sans incident en compagnie d’un des membres les plus recherchés du Lashkar-e-Jhangvi, identifié comme Saifullah Bilal, qui avait épousé l’une d’elles, selon les autorités pakistanaises. Saifullah était considéré par les services de renseignements pakistanais comme le chef du Lashkar-e-Jhangvi pour le nord-ouest du pays, tandis que l’époux de la seconde sœur, Asif Choto, a été désigné comme l’organisateur d’un attentat avorté contre une mosquée chiite de Karachi le 30 mai, qui avait fait cinq morts, dont deux assaillants. Selon les services de renseignements pakistanais, les deux sœurs avaient été formées par leur oncle, Gul Hasan, condamné à mort le 4 juin pour l’organisation de deux attentats-suicide contre des mosquées chiites de Karachi qui avaient fait 45 morts en mai 2004. Créé en 1996 par des dissidents de l’organisation antichiite Sipah-e-Sahaba, le Lashkar-e-Jhangvi est le plus violent des groupes sunnites tenus pour responsables des violences interconfessionnelles entre sunnites et chiites (15 à 20 % des 150 millions de Pakistanais, musulmans à 97 %). Officiellement interdit en août 2001, il a été impliqué dans l’assassinat du journaliste américain Daniel Pearl début 2002 à Karachi et a été désigné comme l’organisateur de plusieurs tentatives d’attentats contre le président pakistanais Pervez Musharraf. Les services de sécurité pakistanais lui attribuent également la responsabilité des attentats-suicide visant des chiites commis le 27 mai à Islamabad au mausolée de Bari Imam (21 morts) et le 30 mai à Karachi (cinq morts). Des émeutes qui avaient suivi ce dernier attentat avaient également fait six morts. Les enquêteurs pakistanais ont indiqué avoir retrouvé une lettre d’Asif Choto sur un des assaillants de Karachi, revendiquant la responsabilité de l’attentat.
L’arrestation de deux sœurs soupçonnées par les autorités pakistanaises de préparer des attentats-suicide antichiites révèle une nouvelle menace terroriste au Pakistan, frappé ces dernières semaines par une vague de violences intermusulmanes. La police pakistanaise était depuis plus d’un an sur la piste d’Arifa et d’Habiba, les deux filles d’un banquier de Karachi (Sud), lorsqu’elles ont été arrêtées en début de semaine près de Swat, un centre touristique des montagnes du nord-ouest du pays. « Elles constituaient une menace de première importance, parce qu’une attaque menée par une femme, dont on se méfie moins, aurait pu faire de gros dégâts », a expliqué hier à l’AFP un haut responsable de la lutte antiterroriste, au lendemain de l’annonce de leur arrestation. « Elles auraient pu également...