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Actualités - Opinion

Consommation La poudre de lait fait long feu !

Par Jihane ABI AZAR* La consommation de lait liquide, frais ou longue conservation est, depuis longtemps, bien ancrée dans les habitudes alimentaires de la majorité des pays où le lait de vache constitue un élément habituel de l’alimentation. Dans ce contexte, il est connu que le lait en poudre est, principalement, destiné pour une utilisation industrielle. Si l’on examine les habitudes de consommations des Libanais, on constate qu’elles sont différentes. Les Libanais ont une préférence pour la consommation du lait en poudre. Cette importante consommation de poudre de lait, importée en totalité (18 à 20 mille tonnes par an, équivalent à 35 % des importations en 2003), a pour origine des habitudes et des coutumes qui ont été gravé dans la culture des Libanais pendant la guerre. Le lait en poudre est, en effet, moins cher et plus facile à conserver. Pendant cette période tous les Libanais achetaient du lait en poudre pour fabriquer à la maison le laban et le labneh. Aujourd’hui on perçoit clairement un changement dans les habitudes de consommation des Libanais, un intérêt est de plus en plus porté à la consommation du lait liquide. Selon une étude des filières lait et viande au Liban, réalisée par l’institut de l’élevage en 2003, une augmentation de la consommation de produits laitiers de 5 % est prévue entre 2001 et 2006. Cet accroissement concerne particulièrement la consommation du lait liquide (+ 35 %). C’est un marché en pleine expansion qui est à conquérir. Les industries laitières disposent donc aujourd’hui d’une opportunité qu’il faut saisir. D’une part, le marché du lait liquide est en pleine expansion et, d’autre part, seules deux sociétés libanaises en produisent. L’un des freins au développement de ce marché demeure toutefois le contrôle de la qualité des produits des diverses industries laitières libanaises qui ne génère en aucun cas la confiance des consommateurs. D’un coté, les laiteries artisanales, situées essentiellement dans la Békaa, constituent une grande partie de l’offre. Elles sont au nombre de 500 dont 135 seulement sont déclarées. Ces laiteries délivrent un lait souvent de qualité médiocre, sans réelle possibilité de contrôle par les opérateurs du marché. D’un autre coté, les importations illégales en provenance de la Syrie sont très bon marché (325 à 425 LL le litre contre 700 à 1 200 LL le litre pour le lait local) et aussi de très mauvaise qualité, notamment à cause du non-respect des règles élémentaires d’hygiène relatives à la production et à la conservation de ce type de produit. Ces problèmes sanitaires ont un impact négatif majeur sur la perception du lait au Liban et des conséquences fâcheuses sur l’évolution de la consommation. Ce problème ne peut être résolu qu’à travers un véritable contrôle de l’état dont le rôle est aujourd’hui insignifiant. La croissance des industries laitières libanaises repose fondamentalement sur la demande de lait frais. Afin de pouvoir répondre au mieux à une demande qui ne cesse de croître, l’augmentation de l’offre de lait de qualité s’avère nécessaire dans les années à venir. Les producteurs et les acteurs de la filière qui développeront une stratégie fondée sur la qualité de la production et de la distribution de lait frais peuvent espérer en tirer un avantage compétitif qui leur permettra de profiter pleinement de la croissance attendue de ce marché. * Spécialiste en comptabilité et contrôle de gestion – Centre de recherches et d’études doctorales de l’Esa (CRED). En coopération avec l’ESA
Par Jihane ABI AZAR*

La consommation de lait liquide, frais ou longue conservation est, depuis longtemps, bien ancrée dans les habitudes alimentaires de la majorité des pays où le lait de vache constitue un élément habituel de l’alimentation. Dans ce contexte, il est connu que le lait en poudre est, principalement, destiné pour une utilisation industrielle. Si l’on examine les habitudes de consommations des Libanais, on constate qu’elles sont différentes. Les Libanais ont une préférence pour la consommation du lait en poudre. Cette importante consommation de poudre de lait, importée en totalité (18 à 20 mille tonnes par an, équivalent à 35 % des importations en 2003), a pour origine des habitudes et des coutumes qui ont été gravé dans la culture des Libanais pendant la guerre. Le lait en poudre est, en effet,...