L’euro a légèrement progressé face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, à la faveur d’un rééquilibrage de positions, alors que la situation politique et économique européenne devrait continuer d’orienter les échanges. Selon les cambistes, beaucoup de mauvaises nouvelles que l’euro a essuyées ces derniers jours ont été intégrées par les marchés, allusion faite aux incertitudes politiques nées du rejet de la Constitution européenne par les citoyens français et néerlandais, et de la crise de légitimité dans laquelle la monnaie unique européenne s’est trouvée plongée. Cela étant, les opérateurs se sont montrés indifférents hier à une proposition faite par le ministre italien des Réformes, Roberto Calderoli, pour la création d’une nouvelle monnaie nationale, la lire, qui serait liée au dollar. Vendredi dernier, un collègue de M. Calderoli, Roberto Maroni, ministre italien du Travail, était le premier à jeter le pavé dans la mare, proposant la double circulation de l’euro et de la lire dans le pays pour tenter de trouver une solution aux graves problèmes économiques de la péninsule. Mais toutes les craintes entourant la monnaie unique se sont dissipées par les interventions de plusieurs officiels, dont le président italien Carlo Ciampi, le Premier ministre Silvio Berlusconi, le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia et le président de la BCE Jean-Claude Trichet. C’est ainsi que plusieurs investisseurs, rassurés par ces déclarations défendant l’euro, se sont mis hier à le racheter pour couvrir leurs positions à court terme, après les liquidations massives de la semaine dernière. De plus, le regain d’intérêt d’investisseurs institutionnels asiatiques pour l’euro était aussi une des raisons du léger rebond de la devise européenne observé hier. Mais il n’en demeure pas moins que l’euro n’est pas tiré d’affaire au moins jusqu’à l’issue du sommet européen des 16 et 17 juin, qui pourrait clarifier la situation politique en Europe, dans la mesure que c’était le débat politique sur l’avenir de l’Europe qui avait pesé sur l’euro. Dans cette attente, des ajustements de positions en faveur de la monnaie unique lui ont permis de se négocier finalement à New York sur un ton résistant à 1,2270 $ contre 1,2230 $ vendredi dernier, en légère hausse de 0,33 %.
Volatilité des Bourses
La Bourse américaine était dans l’expectative hier, dans l’attente de l’intervention jeudi au Congrès du président de la Fed, Alan Geenspan. Les investisseurs, espérant un signal clair sur l’avenir de la politique monétaire après les chiffres économiques décevants de la semaine dernière, notamment sur l’emploi, ont donc estimé devoir rester sur la défensive. Cela d’autant qu’Intel pourrait donner le ton pour le secteur technologique avec sa traditionnelle mise au point trimestrielle qui aura lieu également jeudi.
Les Bourses européennes ont entamé la semaine sur une nouvelle baisse, dans des volumes d’échanges très réduits. L’annonce par le gouvernement français qu’il compte placer de 6 % à 8 % du capital de France Télécom détenus jusqu’à présent par l’État a pesé sur les sociétés du secteur. Le secteur automobile européen s’est ressenti aussi de l’annonce par Society of Motor Manufacturing Traders que les immatriculations de voitures neuves au Royaume-Uni ont reculé de 3,4 % en mai.
À la Bourse de Beyrouth, Solidere, dont l’assemblée générale a décidé hier de ne pas distribuer un dividende au titre de l’exercice 2004, a été délaissée. En effet, 43 041 actions A ont légèrement progressé de 9,44 $ à 9,50 $ alors que 50 actions B seulement ont reculé de 9,62 $ à 9,50 $.
Élie KAHWAGI
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