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Actualités - Opinion

Eclairage - Nucléaire La menace du Conseil de sécurité se précise pour Téhéran

La menace d’un épilogue à la querelle nucléaire iranienne devant le Conseil de sécurité de l’Onu a rarement paru aussi forte, Iraniens et Européens plaçant peu d’espoirs dans une prochaine réunion de crise. Les ministres allemand, français et britannique des Affaires étrangères doivent rencontrer en début de semaine prochaine dans une capitale européenne le dirigeant iranien chargé du nucléaire, Hassan Rohani, pour tenter de sauver des négociations ayant, jusqu’alors, tenu au loin la perspective d’un recours au Conseil de sécurité. Or cette réunion, que les Iraniens disent de « la dernière chance », « ne se présente pas bien », conviennent plusieurs diplomates. « On a tout l’air de se diriger vers le Conseil de sécurité », dit l’un d’eux. « Les chances d’un accord ne sont pas très grandes », a reconnu auprès de l’AFP l’un des Iraniens qui négocient avec les Européens, Cyrus Nasseri. Les Iraniens martèlent que la décision de reprendre une partie de leurs activités nucléaires sensibles est « définitive ». Les Européens répliquent qu’ils soutiendront alors le transfert du dossier devant le Conseil de sécurité. Pour les Européens, alarmés comme une grande partie de la communauté internationale par 18 années de dissimulations des Iraniens sur leurs activités nucléaires, un renoncement à l’enrichissement d’uranium représente la seule garantie probante que la République islamique ne fabrique pas l’arme nucléaire. Les Européens ont obtenu en novembre 2004 une suspension par les Iraniens de toutes les activités relatives à l’enrichissement. Mais les Iraniens refusent d’entendre parler d’un abandon pur et simple. Les négociations sont entrées dans les turbulences après que les Iraniens eurent soumis en mars aux Européens un plan prévoyant le redémarrage de l’enrichissement. Le 30 avril, ils annonçaient leur intention de recommencer sous quelques jours la conversion d’uranium. « Tout ce sur quoi nous sommes d’accord, c’est que nous ne sommes pas d’accord », résume un diplomate européen. Pas question de céder sur l’enrichissement, disent les Européens. Un accord sera fondé sur notre plan, disent les Iraniens. « Les Iraniens nous ont fait une proposition et une seule, et cette proposition n’est pas acceptable », dit un Européen. Les Européens sont les otages des Américains et ne cherchent qu’à faire durer la suspension de l’enrichissement, répondent les Iraniens. « C’est comme deux véhicules qui foncent l’un sur l’autre, c’est à qui donnera le premier coup de volant », déclare en métaphore un diplomate avant la réunion de « la dernière chance ». La menace du Conseil de sécurité n’a jamais paru aussi grande depuis octobre 2003 quand l’Iran, confronté à un ultimatum de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avait accepté de soumettre ses activités à un contrôle renforcé et de suspendre l’enrichissement. Il était revenu ensuite sur certains engagements, jusqu’à un nouvel accord avec les Européens en novembre. La question est de savoir si les Iraniens peuvent à nouveau céder. « Les gardiens de la décision en Iran semblent avoir résolu qu’on avait assez discuté », dit un diplomate. « Les Européens peuvent essayer de mettre un petit quelque chose sur la table, mais rien qui déroge à leurs principes » sur l’enrichissement, affirme-t-il. Il souligne aussi qu’ils sont engagés auprès des Américains, qui ont mis entre parenthèses leur exigence de recours au Conseil de sécurité pour laisser leur chance aux efforts diplomatiques. Les diplomates soulignent que le Conseil de sécurité ne signifie pas une rupture définitive. Avant une éventuelle, lointaine et aléatoire résolution infligeant des sanctions à l’Iran, on devrait passer par des injonctions et l’Iran pourrait toujours revenir à la suspension. Mais les Iraniens ont aussi prévenu qu’ils avaient préparé la réplique s’ils étaient traînés devant le Conseil de sécurité. Les plus intransigeants font pression pour que l’Iran se désengage du Traité de non-prolifération, à l’exemple de la Corée du Nord. Laurent LOZANO (AFP)
La menace d’un épilogue à la querelle nucléaire iranienne devant le Conseil de sécurité de l’Onu a rarement paru aussi forte, Iraniens et Européens plaçant peu d’espoirs dans une prochaine réunion de crise.
Les ministres allemand, français et britannique des Affaires étrangères doivent rencontrer en début de semaine prochaine dans une capitale européenne le dirigeant iranien chargé du nucléaire, Hassan Rohani, pour tenter de sauver des négociations ayant, jusqu’alors, tenu au loin la perspective d’un recours au Conseil de sécurité.
Or cette réunion, que les Iraniens disent de « la dernière chance », « ne se présente pas bien », conviennent plusieurs diplomates. « On a tout l’air de se diriger vers le Conseil de sécurité », dit l’un d’eux.
« Les chances d’un accord ne sont pas très...