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Actualités - Opinion

L’art de tromper le peuple

Par Georges KHADIGE La Rochefoucauld a dit : « Si la guerre est l’art d’exterminer les peuples, la politique est celui de les tromper », et un peu dans le même sens, Machiavel a dit qu’en politique, « il arrive quelquefois que les mots servent à exprimer la pensée », c’est-à-dire par accident. Enfin, un politicien à qui l’on reprochait d’être comme une girouette a répondu : « Oui, mais ce n’est pas nous qui tournons (comprendre les politiciens) c’est le vent qui tourne ! » Faut-il en rajouter pour dire avec Musset : « La politique, hélas ! Voilà notre misère ; être blanc aujourd’hui, rouge demain… » Et pourtant ! c’est bien ce que nous voyons et encore plus ce que nous vivons. Mais le peuple a ses illusions, les jeunes leur idéal, les bien-pensants leur naïveté et tous les hommes leur peu de mémoire, et tout cela réuni fait la providence des hommes politiques. Et dire qu’étymologiquement, le mot « politique » veut dire « l’art d’organiser la cité » et « la République », « la chose publique ». Oh ! que nous sommes loin des étymologies et en plein dans la démagogie et les supercheries. Cicéron invectivait Catilina, homme politique véreux, en ces termes : « Jusques à quand Catilina abuseras-tu de notre patience ? ». Et nous, ne devons-nous pas lancer à la figure de la plupart de nos hommes politiques, pas tous évidemment, Dieu merci, mais je dis bien la plupart, aussi bien dans le camp de ceux qui se disent « loyalistes » que dans celui de ceux qui se disent « opposants » : jusques à quand abuserez-vous de notre patience ? Jusques à quand continuerez-vous à tromper le peuple, à lui faire croire que vous luttez pour son intérêt, alors que vous ne vous souciez que de vos propres intérêts ? À l’illusionner sur la liberté, la souveraineté et l’indépendance, alors que vous vous moquez des trois à la fois et que vous êtes prêts à les sacrifier sur l’autel de votre ego et de votre cupidité ? Des preuves, me direz-vous, de ce que vous avancez ! Et vous prenez-vous pour Jaurès, Zola, Saint-Just ou Fouquier-Tinville ? Vous croyez-vous Cromwell, Mirabeau, Danton ou Robespierre ? Pour qui vous prenez-vous ? Certes pas, et je n’ai aucune illusion sur ce point et ne me prends pour personne, mais comme dit l’ange de l’Apocalypse, je regarde vos œuvres et je les trouve mauvaises. J’observe vos intrigues, je scrute tous les motifs de votre union et encore plus les ferments de votre désunion, je démasque vos deals cachés, je vois avec la tête et avec le cœur, car l’essentiel est invisible pour les yeux (Saint-Exupéry – Le petit prince). Je vois tout ce que vous manigancez, vos retournements grotesques, vos comédies débiles, les accusations que vous vous lancez les uns contre les autres, alors qu’en réalité vous êtes tous de connivence et que vous vous entendez comme larrons en foire. Non, ça suffit messieurs ! Le peuple en a assez de vous et de vos machinations diaboliques. Le peuple en a assez d’être exploité par vos mensonges et vos larmes de crocodile. Ayez la décence de tirer votre révérence avant qu’on ne vous accule à faire. Oui, car comme Zola, je vous accuse. Je vous accuse de corruption, je vous accuse de sucer le sang du peuple, je vous accuse de conspirer contre lui, et contre ses intérêts vitaux et ses droits les plus légitimes, je vous accuse de clientélisme, je vous accuse de féodalisme, je vous accuse d’utilisation abjecte du confessionnalisme à des fins qui n’ont rien à voir avec la religion ou les confessions, je vous accuse de versatilité éhontée, je vous accuse d’interventionnisme illicite dans la justice, dans l’Administration et même dans les affaires privées des citoyens. Alors, de grâce messieurs, allez-vous-en, laissez la place à une nouvelle classe politique qui soit à la hauteur des nobles aspirations du peuple, de son idéal, de ses rêves et de ses ambitions, et n’attendez pas que le peuple lui aussi vous accuse avec moi et comme moi, et bien plus vous honnisse, vous maudisse, vous bannisse. Partez messieurs alors qu’il en est encore temps, et ayez pitié de vous, ayez pitié de nous, ayez pitié du Liban.

Par Georges KHADIGE

La Rochefoucauld a dit : « Si la guerre est l’art d’exterminer les peuples, la politique est celui de les tromper », et un peu dans le même sens, Machiavel a dit qu’en politique, « il arrive quelquefois que les mots servent à exprimer la pensée », c’est-à-dire par accident. Enfin, un politicien à qui l’on reprochait d’être comme une girouette a répondu : « Oui, mais ce n’est pas nous qui tournons (comprendre les politiciens) c’est le vent qui tourne ! » Faut-il en rajouter pour dire avec Musset : « La politique, hélas ! Voilà notre misère ; être blanc aujourd’hui, rouge demain… »
Et pourtant ! c’est bien ce que nous voyons et encore plus ce que nous vivons. Mais le peuple a ses illusions, les jeunes leur idéal, les bien-pensants leur naïveté et tous les hommes leur peu...