Jusqu’au 4 mai, à la galerie Surface libre (Jal-el-Dib, rue 77, face Banque libano-canadienne), une vingtaine de toiles de Nathalie Labaki sont réunies sous l’intitulé «Quaere verum» (Chercher la vérité).
Une quête que l’artiste entreprend de toute évidence à travers la peinture. Art auquel elle s’adonne depuis bientôt six ans sous la férule d’Emmanuel Guiragossian. Et passion dévorante, au point que cette architecte d’intérieur a renoncé, depuis un an et demi, à l’exercice de son métier, pour se consacrer entièrement à son œuvre picturale.
Résultat: une première exposition individuelle mettant en scène des toiles, qui peuvent sembler inégales ou encore inabouties, mais qui sont néanmoins sous-tendues par une démarche intéressante.
Car, derrière ses tumultes chromatiques et ses variations tertiaires autour d’un même thème (les femmes, le couple, le regard ou encore la symbolique du pied), la jeune femme développe un propos philosophico-artistique inspiré, dit-elle, de ses lectures et, en particulier, de l’œuvre de James Joyce. Elle affirme même avoir faite sienne la démarche de «bouleversement des acquis» du fameux écrivain irlandais, auteur du «cultissime» Ulysse. «Après ce livre considéré comme le chef-d’œuvre absolu de la littérature anglaise du XXe siècle, Joyce a écrit Finnegans Wake. Là, il a mélangé les éléments de nombreuses langues et toutes les variétés d’anglais, créant une écriture insolite, comme une revanche sur la perfection de son précédent ouvrage.» Un procédé de «chahutage» que Nathalie Labaki applique à sa peinture, «de peur de tomber dans la platitude d’une perfection technique», dit-elle.
Des pieds et des toiles
L’artiste, qui soutient vouloir privilégier «la perception que l’on a de la toile et de la logique qui s’en dégage à son esthétisme», atteint particulièrement son but, dans la série des pieds. Cette partie du corps habituellement négligée est, chez elle, un indicateur éloquent d’un état d’âme, d’une émotion, d’une atmosphère. Dans Was, Is And Always Will Be, une grande toile en techniques mixtes, le pied unique et énorme, qui semble écraser les différents plans du tableau, symbolise le pouvoir, la domination des êtres et des événements. Alors que dans Chill, il suggère la relaxation, le relâchement corporel. Et dans Catatonic, par contre, où il semble se poser sur un sol éclaté, il dépeint un état d’âme cafardeux. Celui que l’on décrit par le sentiment que le sol se dérobe sous nos pas ou que la terre se fendille sous nos pieds !
Installation en peintures
Des interprétations que l’artiste, qui n’aime rien moins que les propos trop évidents, préfère abandonner au ressenti de chacun. Afin, sans doute, de laisser libre cours au jeu des projections personnelles et des correspondances. Pour lesquelles, elle semble, d’ailleurs, avoir une certaine prédilection. La preuve : un triptyque de style « typographique », composé d’un tableau sur lequel est écrit «I’m nothing» et intitulé This, d’un second portant l’inscription «Y’re nothing» et intitulé Is not, et le troisième dont le titre et le contenu sont What you think.
L’ensemble – qui nécessite une lecture au second degré – forme une installation triangulaire, qui célèbre ainsi, de manière paradoxale, le renouveau de la peinture. Laquelle revient en force, après avoir été reléguée ces dernières décennies au second rang derrière les créations d’adaptation à l’espace.
Dur à suivre ? Sans doute. Mais Nathalie Labaki n’en reste pas moins un talent à suivre.
Zéna ZALZAL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jusqu’au 4 mai, à la galerie Surface libre (Jal-el-Dib, rue 77, face Banque libano-canadienne), une vingtaine de toiles de Nathalie Labaki sont réunies sous l’intitulé «Quaere verum» (Chercher la vérité).
Une quête que l’artiste entreprend de toute évidence à travers la peinture. Art auquel elle s’adonne depuis bientôt six ans sous la férule d’Emmanuel Guiragossian. Et passion dévorante, au point que cette architecte d’intérieur a renoncé, depuis un an et demi, à l’exercice de son métier, pour se consacrer entièrement à son œuvre picturale.
Résultat: une première exposition individuelle mettant en scène des toiles, qui peuvent sembler inégales ou encore inabouties, mais qui sont néanmoins sous-tendues par une démarche intéressante.
Car, derrière ses tumultes chromatiques et ses variations...