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Actualités - Opinion

Analyse - Les États-Unis sur la corde raide au Proche-Orient

La diplomatie américaine se trouve sur la corde raide au Proche-Orient, pour tenter d’empêcher que l’épineuse question des colonies juives ne fasse dérailler le processus de paix israélo-palestinien revivifié depuis peu, estiment les analystes. Washington cherche à calmer la colère des Palestiniens face au plan d’extension des implantations israéliennes en Cisjordanie sans mettre exagérément la pression sur le Premier ministre israélien Ariel Sharon qui prépare un retrait délicat de la bande de Gaza. L’Administration Bush avait commencé par qualifier la toute nouvelle implantation de colonie de violation de la « feuille de route », le plan de paix international sur le Proche-Orient soutenu par Washington, qui tente de mettre fin à 54 mois de conflit, et d’établir un État palestinien aux côtés d’Israël. Mais ces derniers jours, la position américaine est apparue beaucoup moins tranchée face aux intentions israéliennes affichées de construire la plus grande implantation juive à Maale Adumim, à l’est de Jérusalem. La secrétaire d’État Condoleezza Rice a d’abord déclaré jeudi au Los Angeles Times que le plan d’expansion israélien n’était pas du tout « en accord » avec la politique américaine favorable à un gel des activités de colonisation prévu par la « feuille de route ». Mais elle était moins abrupte le lendemain, affirmant au Washington Post que l’Administration avait eu « des discussions sur des progrès vers un gel » des implantations, tout en reconnaissant que c’était une question « complexe » qui n’est « pas réglée ». Mme Rice et l’ambassadeur américain Dan Kurtzer ont également alarmé les Palestiniens par des commentaires publics faisant écho à la position de M. Bush selon laquelle les actuelles colonies israéliennes devaient être prises en considération dans les négociations territoriales finales. Le porte-parole adjoint du département d’État Adam Ereli a cependant nié mardi l’existence de confusions au sein de la politique américaine et a insisté sur le fait que les Américains travaillaient avec les deux parties pour parvenir à la « feuille de route ». Les analystes estiment quant à eux que Washington tente de se réserver une marge de manœuvre avant la visite aux États-Unis de M. Sharon le mois prochain et celle prévue plus tard du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Tamara Wittes, spécialiste du Proche-Orient à la Brookings Institution, a ainsi indiqué que les États-Unis souhaitaient être dotés d’une « capacité de manœuvre » sur les implantations pour permettre à d’autres éléments du processus de paix de progresser, telles que la sécurité des Palestiniens et les réformes politiques. « Les États-Unis essaient depuis longtemps de maintenir une certaine flexibilité sur ces questions, de manière à pouvoir répondre aux besoins des parties à n’importe quel moment », a-t-elle déclaré. Selon d’autres experts, les États-Unis ont compris que M. Sharon avait besoin de maintenir un langage ferme sur les implantations en Cisjordanie afin de pouvoir contrer ses oppositions internes au sujet du plan de retrait de Gaza. En même temps, estiment ces experts, Washington a conscience des risques pour M. Abbas, qui a besoin de montrer que des progrès concrets ont lieu avec Israël afin d’asseoir son autorité sur les militants et contrer la violence. Peter MACKLER (AFP)
La diplomatie américaine se trouve sur la corde raide au Proche-Orient, pour tenter d’empêcher que l’épineuse question des colonies juives ne fasse dérailler le processus de paix israélo-palestinien revivifié depuis peu, estiment les analystes.
Washington cherche à calmer la colère des Palestiniens face au plan d’extension des implantations israéliennes en Cisjordanie sans mettre exagérément la pression sur le Premier ministre israélien Ariel Sharon qui prépare un retrait délicat de la bande de Gaza.
L’Administration Bush avait commencé par qualifier la toute nouvelle implantation de colonie de violation de la « feuille de route », le plan de paix international sur le Proche-Orient soutenu par Washington, qui tente de mettre fin à 54 mois de conflit, et d’établir un État palestinien aux côtés...