Du haut de son sacrifice consenti avec ses compagnons, le porte-flambeau de la statue de la place du même nom pousse son cri : il n’est pas de liberté sans vérité. Nous le peuple, assemblé aux pieds et autour de ces trois valeureux héros anonymes, nous écoutons, nous entendons, nous comprenons, au travers de leurs visages, ce qu’ils veulent nous dire. Et nous faisons silence gravement, pour que, par-delà le don – le pardon –, nous n’oublions pas le passé, et son cortège d’erreurs et de rancœurs, afin d’arriver à nous pardonner à nous-mêmes d’abord, entre nous ensuite. Et rien que ce geste, ce mouvement, est déjà héroïque en soi. Qu’elle est belle cette étreinte de la reconnaissance mutuelle, de la paix enfin réalisée, donnée et reçue ! Plus loin, Rafic Hariri nous observe, de cet espace d’Éternité, réservé à ceux qui possèdent, dans leur cœur, tous les cœurs de la terre, parce qu’ils ont, parce qu’ils sont, enfin, dans l’amour infini. Bien que caché à nos yeux, sous cette quantité de fleurs et de roses, il est bien présent, et on sent dans l’air une ferveur toute particulière, empreinte de cette solennité du questionnement : pourquoi sommes-nous présents, tous les soirs, nous cette masse de citoyens ? Est-ce parce que nous voulons rattraper nos actes et paroles manqués à son encontre? Est-ce pour lui demander pourquoi il nous a quittés et comment continuer sans lui? Est-ce parce que nous ne savons pas compenser ?
C’est tout cela, et plus que cela aussi. Et Rafic Hariri nous dit ceci : « Va et ensemence chaque sillon de la terre du Liban du rêve à réaliser éternellement. »
Au soir où, avec des milliers de citoyens, sur cette même place, sous le même édifice, j’ai levé bien haut ma petite bougie, je me suis souvenu d’une citation de Gilbert Cesbron : « Le bonheur ne se multiplie qu’en se divisant. »
Armand PARASKEVAS
Du haut de son sacrifice consenti avec ses compagnons, le porte-flambeau de la statue de la place du même nom pousse son cri : il n’est pas de liberté sans vérité. Nous le peuple, assemblé aux pieds et autour de ces trois valeureux héros anonymes, nous écoutons, nous entendons, nous comprenons, au travers de leurs visages, ce qu’ils veulent nous dire. Et nous faisons silence gravement, pour que, par-delà le don – le pardon –, nous n’oublions pas le passé, et son cortège d’erreurs et de rancœurs, afin d’arriver à nous pardonner à nous-mêmes d’abord, entre nous ensuite. Et rien que ce geste, ce mouvement, est déjà héroïque en soi. Qu’elle est belle cette étreinte de la reconnaissance mutuelle, de la paix enfin réalisée, donnée et reçue ! Plus loin, Rafic Hariri nous observe, de cet espace...
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