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Actualités - Opinion

Hôtels de passe-passe

Dommage que les images poétiques auxquelles on avait eu droit dans les clapiers des espions syriens du Beaurivage et de Raouché n’aient pas été inscrites dans les circuits des agences de voyages destinés aux visiteurs en mal de parfum exotique. En 30 ans, le ministère du Tourisme aurait quand même pu se fendre d’une visite guidée dans ces petits paradis des droits de l’homme, jadis hôtels de luxe, transformés en hôtels de luxations. Pendant des années, on nous a promis l’État de droit. Les années y sont, certes, l’État aussi… Seul le droit a pris des contours un peu tordus. Mais hormis cette petite entorse, si l’on ose dire, il n’y avait là rien que des avantages dont on gagnerait à s’inspirer pour une nouvelle loi sur les loyers. Primo, des chambres à volonté. Certes un peu justes, mais pouvant facilement caser une paire de jambes, des bras, un torse et une tête à condition que l’ensemble soit ajusté à la verticale, ou alors peut-être en pièces détachées. Deusio, vue imprenable sur la mer, mais à partir de lucarnes format timbre-poste. Faute d’embrasser le large, le locataire chanceux pouvait embrasser la chaussure de son geôlier quand le room service se montrait généreux en crottin de chèvre chaud et épluchures nappées de béchamel à l’acide sulfurique. Troisio, électricité à tous les étages. On dit merci qui ? EDL bien sûr, qui fournissait gratos les câbles, les branchements et jusqu’aux pinces des gégènes pour faire parler les récalcitrants. La convivialité par le jus d’électron, rien de tel pour mieux souder la fraternité libano-syrienne… Dire que ce sont ceux-là que le Hezbollah, enhardi par la calinothérapie que lui prodigue l’opposition, veut remercier en rameutant le ban et l’arrière-ban de sa sympathique claque du Liban-Sud, sous l’œil attendri du Prolongé de Baabda. Le citoyen a beau avoir l’esprit ouvert, à ce rythme il finira par avoir un trou dans la tête. Symbole du soldat sans peur ni reproche, Hassan Nasrallah porte la barbe. Le Libanais de base, lui, commence à trouver tout cela éminemment rasoir. Gaby NASR
Dommage que les images poétiques auxquelles on avait eu droit dans les clapiers des espions syriens du Beaurivage et de Raouché n’aient pas été inscrites dans les circuits des agences de voyages destinés aux visiteurs en mal de parfum exotique. En 30 ans, le ministère du Tourisme aurait quand même pu se fendre d’une visite guidée dans ces petits
paradis des droits de l’homme, jadis hôtels de luxe,
transformés en hôtels de luxations.
Pendant des années, on nous a promis l’État de droit. Les années y sont, certes, l’État aussi… Seul le droit a pris des contours un peu tordus. Mais hormis cette petite entorse, si l’on ose dire, il n’y avait là rien que des avantages dont on gagnerait à s’inspirer pour une nouvelle loi sur les loyers.
Primo, des chambres à volonté. Certes un peu justes, mais pouvant...