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La mort de Maskhadov, une stratégie médiatique étudiée

Le corps d’Aslan Maskhadov dans une flaque de sang, torse nu : l’image du cadavre du leader indépendantiste tchétchène a été traitée comme celle d’un vulgaire « bandit éliminé » par la télévision russe qui a gommé toute envergure à celui qui, en 1997, était reçu au Kremlin. « Il y a eu un scénario médiatique maîtrisé pour présenter la mort de Maskhadov à la télévision », relève Vladimir Evseïev, expert à la fondation Carnegie de Moscou. « D’abord une annonce via les agences de presse, puis le rapport (télévisé) de Nikolaï Patrouchev (le chef des services secrets russes) au président Vladimir Poutine, et ensuite les prises de vue en boucle de Maskhadov mort... », résume-t-il. Un « bandit éliminé », répètent les commentaires de la même image ressassée, montrant le cadavre de Maskhadov comme celui de n’importe quel rebelle tué, alors que la couverture de la guerre tchétchène est soumise à un « filtre informationnel qui fonctionne », avec un « accès réduit » des journalistes sur le terrain, souligne M. Evseïev. Et ce qui est montré devient incidemment réalité, tout comme ce qui n’est pas montré n’existe pas pour la population. C’est ainsi, relève Nikolaï Popov, sociologue de l’institut Romir, que le cessez-le-feu décrété unilatéralement en février par Maskhadov est « passé inaperçu : les médias n’en parlaient pas ou en parlaient négativement ». Parallèlement à ce corps torse nu, les télévisions ont montré assez peu d’images d’Aslan Maskhadov. Comme pour effacer son passé d’homme d’État en surexposant son cadavre de « bandit » et « enterrer ce symbole » historique – qui aura d’ailleurs une tombe anonyme –, souligne Vladimir Evseïev. « On le montre. Et puis le lendemain, on n’y revient plus. Comme pour dire “Ça y est, on l’a tué, oublions-le maintenant” », relève-t-il. Et depuis mardi soir, le président Poutine, signant des décrets sur la vente de bière ou sur le limogeage d’un gouverneur de région, n’est pas réapparu sur le petit écran russe pour commenter sa mort. En faisant un « non-événement » dans un pays où le pouvoir est personnalisé à l’extrême par Vladimir Poutine.

Le corps d’Aslan Maskhadov dans une flaque de sang, torse nu : l’image du cadavre du leader indépendantiste tchétchène a été traitée comme celle d’un vulgaire « bandit éliminé » par la télévision russe qui a gommé toute envergure à celui qui, en 1997, était reçu au Kremlin. « Il y a eu un scénario médiatique maîtrisé pour présenter la mort de Maskhadov à la télévision », relève Vladimir Evseïev, expert à la fondation Carnegie de Moscou. « D’abord une annonce via les agences de presse, puis le rapport (télévisé) de Nikolaï Patrouchev (le chef des services secrets russes) au président Vladimir Poutine, et ensuite les prises de vue en boucle de Maskhadov mort... », résume-t-il.
Un « bandit éliminé », répètent les commentaires de la même image ressassée, montrant le cadavre de Maskhadov...