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Entre deux ères

Ce sont des moments historiques que nous vivons aujourd’hui. Un ancien régime qui agonise et une renaissance qui s’annonce. Un ancien régime où les principes sont oubliés, la corruption encouragée, l’égoïsme roi, la « collaboration » normale, le bien-être du citoyen inexistant, le patriotisme un crime, le crime « politique » impuni, l’indépendance un vain mot, la justice inexistante, la liberté oubliée, la démocratie « taillée sur mesure », la langue de bois une règle… La liste est longue. Une renaissance cependant se profile comme une aube nouvelle, grâce à ces centaines de milliers de citoyens de tous âges et de toutes conditions, se pressant partout dans le monde pour manifester leur soif de liberté, de transparence, de vérité, de justice, de générosité, d’altruisme, de fidélité à leur pays. La liberté est leur but, le patriotisme leur bannière, et la démocratie leur rêve. C’est la conscience collective de tout un peuple qui entre en éruption et qui fait que tout bascule. Des moments historiques où s’affrontent le mensonge et la vérité, la tyrannie et la justice, l’égoïsme et la générosité, la permissivité et la fidélité. Nous assistons à un passage à l’âge adulte de tout un peuple qui a exorcisé ses démons ; ceux de la division communautaire et du clientélisme, et qui a chassé ses peurs, celles de la répression du tyran. Nous assistons à une unification sur les principes fondamentaux sans lesquels aucun pays ne peux vivre : indépendance, liberté, démocratie, justice, égalité. Deux mondes se confrontent. L’issue de la bataille est d’une importance capitale. Il y a des batailles dans l’histoire qui ont changé durablement le cours des évènements locaux et mondiaux ; par exemple, la prise de Carthage (maîtrise de la Méditerranée par les Romains), La bataille de Yarmouk en 636 (installation de la conquête musulmane en Syrie) ; la bataille d’Amioun en 695 entre Youhanna Maroun et les armées de Justinien, l’empereur de Byzance (enracinement définitif des maronites et d’autres minorités chrétiennes au Liban, et autonomie de la montagne libanaise) ; la destruction de l’armada du roi d’Espagne (maîtrise des mers par les Anglais) ; la bataille de 1516 entre Mamelouks et Ottoman (empire ottomans et début de l’émirat druze autonome du Mont-Liban), la prise de Constantinople (chute définitive de l’empire romain); l’emprisonnement du gouvernement de la République à Rachaya en 1943 (indépendance effective du Liban), etc. Notre « bataille pacifique et démocratique, rouge et blanche » aujourd’hui en 2005, est l’une de ces batailles qui changent le cours de l’histoire. Elle est celle de la liberté du peuple, de l’indépendance éternelle du Liban et de son exigence pour l’élection libre d’un nouveau régime qui conduira le Liban vers la modernité et la civilisation contre un ancien régime élu à l’ombre des canonnières, qui n’a plus de raison d’être au XXIe siècle et qui s’accroche contre vents et marées. Deux conceptions du monde s’affrontent ; l’ancien régime ne se rend pas compte de son obsolescence jusqu’à ce qu’il soit écarté, comme par exemple l’exigence du comte de Chambord en 1871 de ne pas accepter que le drapeau tricolore soit le symbole de la monarchie, ce qui mit fin au régime monarchique en France et hâta l’avènement de la République ; la désintégration de l’Union soviétique, faute de pouvoir se moderniser ; la débandade des régimes totalitaires et la démocratisation de l’Europe de l’Est ; le sit-in de Kiev qui a balayé les restes de l’ancien régime en Ukraine qui avait cru retourner à l’ère hégémonique russe. Une courte vue de l’avenir et la sous-estimation de leur peuple sont des points communs à tous ces régimes vieillissants et tyranniques qui ne veulent pas voir les changements qui s’opèrent dans la société et la forte dynamique de ces changements. Le Liban est maintenant entre deux ères : celle de l’ancien régime qui se meurt et celle d’un régime de progrès. C’est une marche inéluctable vers le changement. Ceux qui vivront ces moments historiques diront à leurs enfants : J’étais là. Joseph W. ZOGHBI Paris
Ce sont des moments historiques que nous vivons aujourd’hui. Un ancien régime qui agonise et une renaissance qui s’annonce.
Un ancien régime où les principes sont oubliés, la corruption encouragée, l’égoïsme roi, la « collaboration » normale, le bien-être du citoyen inexistant, le patriotisme un crime, le crime « politique » impuni, l’indépendance un vain mot, la justice inexistante, la liberté oubliée, la démocratie « taillée sur mesure », la langue de bois une règle… La liste est longue.
Une renaissance cependant se profile comme une aube nouvelle, grâce à ces centaines de milliers de citoyens de tous âges et de toutes conditions, se pressant partout dans le monde pour manifester leur soif de liberté, de transparence, de vérité, de justice, de générosité, d’altruisme, de fidélité à leur...