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Actualités - Opinion

Macroéconomie Entre nationalisation et privatisation : le partenariat public-privé

Par Ghalia HAMAMY * L’opinion publique mondiale estime que les nationalisations sont mauvaises et les privatisations sont bonnes. Testons historiquement cette proposition. Le modèle de la concurrence pure et parfaite et l’économie de l’offre imprégnant le dix-neuvième siècle et le début du vingtième affichent leurs limites : la main invisible d’Adam Smith n’autorégule pas les marchés et débouche sur la Grande Dépression de 1929. Conséquences : les salariés ne disposant d’aucun droit collectif sont au chômage. L’État n’est plus régalien (police, justice, armée). Le modèle keynésien de la demande, utilisé par l’État, résorbe le chômage et relance l’économie, processus interrompu par la Seconde Guerre mondiale. À la sortie de cette guerre, les États nationalisent les entreprises de réseaux pour reconstruire les infrastructures détruites. Les services publics gèrent désormais les monopoles en respectant les lois de Rolland (continuité, égalité et équité) et l’intérêt général. D’où une période de prospérité économique et de croissance ininterrompue entre 1945 et 1975 (les Trente Glorieuses). Celles-ci introduisent à leur tour de nouveaux modes de consommation : une demande individuelle et des entreprises sur mesure. D’où l’incapacité des services publics – qui offrent des prestations de services standards – de satisfaire les usagers. Les autres méfaits de cette croissance sont : une dette publique excessive, un déficit budgétaire, une stagflation (inflation et chômage), et des services publics déficitaires et abondants en sureffectifs. Les usagers sont alors insatisfaits et estiment que l’État est un mauvais gérant. Le choc pétrolier de 1973 accentue la situation. S’impose alors la libéralisation des services publics. Le précurseur de ce mouvement mondial de retour à la microéconomie est le Premier ministre anglais, Madame Margaret Thatcher, en 1979. C’est une privatisation sans précédent des services publics qui rapporte des fonds énormes au Trésor britannique. La protection de la concurrence et de l’intérêt général impose la régulation (réglementation et gestion) de ces entités. Un régulateur indépendant et individuel régule le secteur et impose ses conditions de performance. Cette expérience se propage et plusieurs formes de systèmes de régulation se développent partout dans le monde. L’État est de nouveau régalien. Mais le régulateur ne gomme pas les asymétries de l’information entre les secteurs public et privé. De plus, la quête continue du profit déclenche une hausse continue des tarifs et une dégradation de la qualité du service rendu à l’usager. L’intérêt général est alors sacrifié. Les mauvaises retombées de la privatisation sont illustrées par le bilan dressé par une ménagère londonienne vers la fin des années 1990 : la note de gaz augmente de 121 %, celle de l’eau de 96 %, celle de l’électricité de 43 %, etc. Émerge alors une nouvelle solution mondiale pour contrebalancer les aspects négatifs des nationalisations et des privatisations : le partenariat public-privé. L’État possède et contrôle, le secteur privé gère et dégage des profits. Le problème des asymétries de l’information n’a pas été résolu pour autant et une question est toujours sans réponse : les partenariats publics-privés sont-ils en mesure de protéger l’intérêt général ? * Spécialiste en régulation – Centre de recherches et d’études doctorales de l’ESA (CRED) En coopération avec l’ESA
Par Ghalia HAMAMY *

L’opinion publique mondiale estime que les nationalisations sont mauvaises et les privatisations sont bonnes. Testons historiquement cette proposition.
Le modèle de la concurrence pure et parfaite et l’économie de l’offre imprégnant le dix-neuvième siècle et le début du vingtième affichent leurs limites : la main invisible d’Adam Smith n’autorégule pas les marchés et débouche sur la Grande Dépression de 1929. Conséquences : les salariés ne disposant d’aucun droit collectif sont au chômage.
L’État n’est plus régalien (police, justice, armée). Le modèle keynésien de la demande, utilisé par l’État, résorbe le chômage et relance l’économie, processus interrompu par la Seconde Guerre mondiale.
À la sortie de cette guerre, les États nationalisent les entreprises de...