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Hommage à un martyr

«C’est pire qu’un crime, Sire, c’est une faute. » Cette phrase décrit un épisode qui coûta à terme, peut-être, son trône à Napoléon Bonaparte mais sûrement qui a contribué aux événements qui ont conduit à sa chute. Devant faire face à une conspiration des nobles émigrés qui avaient pour objectif de le destituer. Il fit enlever durant la nuit du 15 au 16 mars 1804, de son exil en Allemagne, Louis Antoine Henri de Bourbon, duc d’Enghien, un « symbole » et l’un des derniers descendants des Bourbons, qui aurait fait partie du complot. Il fit enlever le duc, en violation du « droit des gens » (genre de droit international), ce qui exacerba les relations avec ses voisins. Transféré au château de Vincennes et jugé par une commission militaire qui le condamna à mort, malgré l’absence de preuves formelles, il fut exécuté le 20 mars. Deux fautes impardonnables et un crime. En agissant ainsi, Napoléon voulait montrer à ses ennemis royalistes ce dont il est capable. Talleyrand (ou Fouché) ont alors eu ce mot : « c’est pire qu’un crime… c’est une faute », montrant que la faute politique fut plus importante que la faute morale. Cet épisode serait, entre autres, à l’origine des diverses coalitions militaires entre les diverses monarchies d’Europe contre « l’usurpateur » qui se termineront par la défaite finale de Waterloo. L’épisode napoléonien se termine là… Deux cents ans et onze mois après, un immense crime et une grave faute sont perpétrés à l’encontre d’un grand du Liban. L’assassinat de l’ancien Premier ministre du Liban est un immense crime contre l’homme et contre la civilisation. C’est un crime contre l’homme, qui a œuvré pour redonner au Liban son brillant d’autrefois en effaçant les stigmates de la guerre. C’est un crime contre la civilisation, car il s’est attaqué au grand bâtisseur du Liban de l’après-guerre. Le crime perpétré contre ce grand homme constitue certainement une grave faute, car en l’assassinant le but était : – de l’effacer de la surface de la terre, mais il n’a fait que le grandir aux yeux du monde ; – d’effacer son œuvre, mais elle était présente pour tous, au cours de son dernier voyage vers la place des Martyrs ; – d’effacer son impact stratégique, mais il n’a fait que renforcer la soif d’unité et de liberté des Libanais, et mobiliser le monde entier aux côtés de la cause du pays ; – d’effacer son impact politique, mais il n’a fait que transmettre son héritage à sa famille proche et politique et à sa descendance, qui ont montré tous qu’ils sont prêts à se passer le flambeau pour suivre le chemin qu’il a tracé ; – de semer la discorde entre les communautés par la violence, mais la réponse fut donnée par les sons des cloches accompagnant les versets du Coran et les messes dites pour le repos de son âme comme celle à Notre-Dame du Liban, à Paris, et les innombrables signatures sur la pétition demandant la démission du gouvernement. Tout cela montre que le martyre de Rafic Hariri n’aura pas été vain et qu’il alimente déjà et continuera à alimenter la flamme de la liberté. Rafic Hariri remportera sa victoire à titre posthume, le peuple uni du Liban le fera pour lui. Joseph ZOGHBI Paris
«C’est pire qu’un crime, Sire, c’est une faute. » Cette phrase décrit un épisode qui coûta à terme, peut-être, son trône à Napoléon Bonaparte mais sûrement qui a contribué aux événements qui ont conduit à sa chute. Devant faire face à une conspiration des nobles émigrés qui avaient pour objectif de le destituer. Il fit enlever durant la nuit du 15 au 16 mars 1804, de son exil en Allemagne, Louis Antoine Henri de Bourbon, duc d’Enghien, un « symbole » et l’un des derniers descendants des Bourbons, qui aurait fait partie du complot. Il fit enlever le duc, en violation du « droit des gens » (genre de droit international), ce qui exacerba les relations avec ses voisins. Transféré au château de Vincennes et jugé par une commission militaire qui le condamna à mort, malgré l’absence de preuves formelles,...