La sécurité nucléaire russe, mise en question par les déclarations américaines sur les matériaux radioactifs disparus, au moment où un accord sur la lutte contre le terrorisme nucléaire a été signé par Moscou et Washington, fait l’objet d’estimations divergentes entre les autorités russes et les experts.
L’une des raisons en est l’amalgame parfois fait entre deux domaines bien distincts. D’un côté, l’arsenal nucléaire russe, bien surveillé et comptabilisé.
De l’autre, les matériaux nucléaires utilisés dans le civil, facilement accessibles et qui, sans pouvoir servir à la confection d’une vraie bombe atomique, pourraient être utilisés par des terroristes pour fabriquer une « bombe sale », sans grande force explosive, mais source de radiations théoriquement mortelles et surtout susceptibles de semer la panique.
Lorsque le vice-président de la commission des renseignements du Sénat américain, John Rockefeller, a affirmé, sur la foi d’un rapport de la CIA, que la moitié des matériaux nucléaires russes n’étaient « pas comptabilisés », il a été aussitôt démenti par le Service fédéral russe de surveillance écologique, technologique et nucléaire.
« La sécurité des usines nucléaires russes est actuellement à la hauteur », a déclaré son chef Mikhaïl Mirochnitchenko. Il a évoqué les vérifications régulières et les inspections effectuées par des organisations internationales dont la Russie est membre.
Son opinion est partagée par l’expert indépendant Alexandre Golts, qui rappelle qu’en ce qui concerne les ogives nucléaires, un programme commun russo-américain – financé à grands frais par Washington depuis plus de dix ans – permet de vérifier que les arsenaux sont bien tenus.
Mais, ajoute-t-il, ce n’est qu’une partie du problème nucléaire au sens large.
« Pendant 20 ans, on a travaillé en URSS avec des matières radioactives qui n’étaient pas utilisables dans les armes nucléaires. » « Ces matières étaient mal surveillées, il y avait trop de ministères concernés, trop d’entreprises. Et il en reste beaucoup sur tout le territoire de l’ex-URSS », dit-il, reconnaissant que la Russie « n’a pas les ressources pour s’en occuper ».
Selon un rapport de la CIA au Congrès américain, des vols de matériaux nucléaires dans les nombreux complexes russes « ont eu lieu », et les centrales nucléaires de Russie sont vulnérables à des attaques terroristes.
L’arsenal nucléaire russe est actuellement estimé à environ 4 000 têtes nucléaires opérationnelles déployées sur des missiles balistiques intercontinentaux en mer ou sur terre et sur des bombardiers stratégiques.
Moscou dispose aussi de plusieurs milliers d’ogives non stratégiques en stocks, plus un réseau de production et de recherches qui traitent régulièrement des matières fissiles, selon les responsables américains.
La sécurité nucléaire russe, mise en question par les déclarations américaines sur les matériaux radioactifs disparus, au moment où un accord sur la lutte contre le terrorisme nucléaire a été signé par Moscou et Washington, fait l’objet d’estimations divergentes entre les autorités russes et les experts.
L’une des raisons en est l’amalgame parfois fait entre deux domaines bien distincts. D’un côté, l’arsenal nucléaire russe, bien surveillé et comptabilisé.
De l’autre, les matériaux nucléaires utilisés dans le civil, facilement accessibles et qui, sans pouvoir servir à la confection d’une vraie bombe atomique, pourraient être utilisés par des terroristes pour fabriquer une « bombe sale », sans grande force explosive, mais source de radiations théoriquement mortelles et surtout susceptibles de...
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