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Actualités - Opinion

Hommage à une grande dame hors du commun

L’ignoble assassinat du président Rafic Hariri a secoué le Liban, la région et même le monde comme une véritable secousse tellurique. Les médias et les gens se sont parfaitement fait l’écho de ce qui pouvait être dit et de tout ce qu’ils souhaitaient dire à propos de l’homme et du terrible et inqualifiable évènement. Mais moi je voudrais rendre hommage à cette grande dame, Madame Nazek Hariri, qui m’a littéralement bouleversé, ému jusqu’aux larmes, terrassé par sa douleur atroce, et de ce fait si communicative, par sa dignité, sa grandeur et sa majesté, dont seul l’ignoble attentat, odieusement ourdi contre son mari, pouvait révéler au grand public toute la dimension humaine et surnaturelle. J’ai vu cette grande dame au visage ravagé par la souffrance, une souffrance à faire fondre les montagnes de glace et à dissoudre les roches de silex « comme fond une cire au souffle d’un brasier » (V. Hugo), une grande dame dont le cœur venait d’être transpercé par un glaive et qui, néanmoins, témoignait de cette douleur muette, sans expressions de façade et encore moins de circonstance, sans pleurs, sans bruit, sans folklore, de cette véritable et profonde douleur toute « mariale », dont seuls ceux qui ont connu, comme elle, la perte d’un être cher, auquel on est attaché viscéralement, au point de mourir avec lui, tout en restant vivant, peuvent savoir le cataclysme intérieur qu’elle peut provoquer, la perte de la voix, des gestes et des expressions du visage, qui confirme bien que « les grandes douleurs sont muettes » et que « seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse » (A. de Vigny). Devant cette grande dame, je voudrais m’incliner, lui témoigner tout mon respect, toute ma sympathie, toute mon admiration et lui dire qu’elle est sans doute la veuve tragique qui m’a le plus impressionné dans ma vie et avec laquelle je me suis senti en communion de souffrances, mais à laquelle je voudrais transmettre mon message d’espoir en la résurrection des êtres qui nous sont tellement chers et dont la mort n’est jamais pour rien, mais nous vivifie et vivifie tout ce en quoi nous croyons et qui nous fait vivre. Paix à l’âme du président Rafic Hariri, de ses compagnons et de toutes les autres victimes, paix à l’homme et paix aux hommes qui ont pu être « grands » notamment parce qu’ils ont eu la chance d’avoir à côté d’eux d’aussi grandes dames. Georges KHADIGE
L’ignoble assassinat du président Rafic Hariri a secoué le Liban, la région et même le monde comme une véritable secousse tellurique.
Les médias et les gens se sont parfaitement fait l’écho de ce qui pouvait être dit et de tout ce qu’ils souhaitaient dire à propos de l’homme et du terrible et inqualifiable évènement.
Mais moi je voudrais rendre hommage à cette grande dame, Madame Nazek Hariri, qui m’a littéralement bouleversé, ému jusqu’aux larmes, terrassé par sa douleur atroce, et de ce fait si communicative, par sa dignité, sa grandeur et sa majesté, dont seul l’ignoble attentat, odieusement ourdi contre son mari, pouvait révéler au grand public toute la dimension humaine et surnaturelle.
J’ai vu cette grande dame au visage ravagé par la souffrance, une souffrance à faire fondre les montagnes...