L’Otan a fait grand cas hier à Bruxelles du fait que tous les pays membres « contribuent » désormais à sa mission de formation des forces de sécurité irakiennes, sans masquer leur caractère plutôt symbolique, sinon modeste pour certains.
« Conformément à la résolution 1546 du Conseil de sécurité des Nations unies, les 26 alliés contribuent tous à la mission de l’Otan d’aide à la formation des forces de sécurité irakiennes », ont indiqué les dirigeants de l’Alliance dans une déclaration commune.
Après en avoir difficilement approuvé le principe en juin 2004, l’Otan a lancé à l’automne dernier une mission dont l’objectif est de former un millier d’officiers irakiens par an. Plusieurs pays membres de l’Alliance, dont la France, l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne, ont cependant décidé de ne pas y participer sur le terrain et refusent toute présence de leurs officiers en Irak.
Sans changer d’avis, ces pays ont à présent présenté des contributions en matière de formation, de fourniture d’équipements à l’armée irakienne ou pour financer la mission de l’Otan, ont confirmé hier des responsables de l’Alliance.
Le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer avait fixé comme date butoir le sommet extraordinaire organisé à l’occasion de la visite du président américain George W. Bush pour faire le plein de ces contributions.
Le président Bush a remercié tous les alliés pour leur engagement, en insistant sur le fait que « toutes les contributions comptent ». Il a également rappelé que nombre de pays européens, comme le Royaume-Uni, l’Italie ou la Pologne, participent militairement à la coalition en Irak, au prix de la vie de leurs soldats.
Il n’en reste pas moins que plusieurs pays, dont la France, n’ont finalement accepté que du bout des lèvres de mettre la main à la pâte, après avoir longtemps été sceptiques sur l’opportunité d’engager l’Otan en Irak. Le président français Jacques Chirac a pu dire mardi que « dans le respect des engagements pris, la France participe à cette action » de formation. La participation française consiste en une contribution de 2 millions d’euros aux financements en commun de la mission de l’Otan.
Paris a également annoncé qu’il allait contribuer à un fonds spécial pour assurer le financement de la mission en Irak « à la même hauteur que l’Allemagne », soit un demi-million d’euros, selon le porte-parole de l’Élysée, Jérôme Bonnafont.
Par ailleurs, la France a offert de former, à titre bilatéral, des policiers au Qatar, mais attend de connaître la réponse du gouvernement irakien.
Enfin, un officier français devrait intégrer la cellule mise en place au siège de l’Otan pour assurer la coordination des donations en équipement pour l’armée irakienne, a souligné un responsable de l’Alliance.
« En ce qui nous concerne, tout le monde coopère », a-t-il indiqué en relevant qu’une vingtaine de pays vont financer le Fonds spécial et qu’une quinzaine de pays enverront des officiers en Irak (contre 10 actuellement).
La Belgique entend participer à hauteur de 300 000 euros à ce fonds commun. Le Canada va débloquer 600 000 euros, tout comme l’Espagne qui a aussi offert d’assurer une formation au déminage.
L’Allemagne forme pour sa part depuis assez longtemps des policiers irakiens dans les Émirats arabes unis (EAU).
Selon l’Otan, tous les moyens humains et financiers sont désormais en place ou le seront « d’ici à quelques semaines » pour assurer le fonctionnement de la mission, qui comprendra 360 personnes, dont 159 officiers instructeurs.
À ce stade, cette formation se fait dans le cadre d’une école supérieure de guerre « intérimaire » au cœur même de la zone verte à Bagdad, en attendant l’ouverture, repoussée à l’automne, d’une « académie militaire » située dans la périphérie de Bagdad.
Léon BRUNEAU (AFP)
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