Aussi bien côté opposition que côté pouvoir, l’intelligentsia politique traite la masse populaire bonasse en la caressant dans le sens du poil. Pour l’opposition plurielle, le tuteurage asphyxiant, générateur de tous les maux, est à son comble de nuisance, alors que les loyalistes, éperonnés par le dernier attentat dans leur cocon diplomatique, rabâchent, presque instinctivement, les mêmes berceuses.
Inéluctablement, ce mois de février fera date dans les annales de la vie politique libanaise. L’assassinat spectaculaire de M. Rafic Hariri, figure emblématique de la communauté sunnite du Liban d’aujourd’hui, a vite fait de l’ordonner héros national, peut-être même à l’inverse de ce que cherchaient les commanditaires de ce crime. M. Hariri aura certainement eu le grand mérite incontestable d’avoir regroupé autour de sa sépulture les Libanais de tout bord, politique soit-il ou communautaire. Quelles que soient les critiques adressées à l’encontre de sa stratégie socio-économique dispendieuse ou de ses prises de positions politiques, au bout du compte, sa mort et, au-delà, le déferlement massif populaire d’appui pourraient être traduits, comme l’ultime baroud signant le requiem du statu quo paralysant. Plus d’ambages ni de litotes, les foules ont remisé aux vestiaires les formules de politesse pour scander haut et fort leur dégoût et leur désir réformateur.
Si le déclin de la lignée politique loyaliste, si chère à certains de nos jeunes premiers diplomates, a pris un grand coup d’accélérateur depuis le 14 février 2005, il n’inquiète que les atrabilaires, nostalgiques du parti unique à pensée unique. Le pays est anémié et les idéologies surannées usées jusqu’à la corde. Il a fallu une catastrophe nationale pour que le citoyen s’aperçoive, enfin, de la chienlit évidente dans laquelle il s’ébrouait.
Le crépuscule, tant attendu, du mandat assombrit la scène locale. Tout à fait normal, dirais-je, le plus important serait de se lever du bon pied à l’aurore de notre affranchissement.
Dr Joseph MANTOURA
Aussi bien côté opposition que côté pouvoir, l’intelligentsia politique traite la masse populaire bonasse en la caressant dans le sens du poil. Pour l’opposition plurielle, le tuteurage asphyxiant, générateur de tous les maux, est à son comble de nuisance, alors que les loyalistes, éperonnés par le dernier attentat dans leur cocon diplomatique, rabâchent, presque instinctivement, les mêmes berceuses.
Inéluctablement, ce mois de février fera date dans les annales de la vie politique libanaise. L’assassinat spectaculaire de M. Rafic Hariri, figure emblématique de la communauté sunnite du Liban d’aujourd’hui, a vite fait de l’ordonner héros national, peut-être même à l’inverse de ce que cherchaient les commanditaires de ce crime. M. Hariri aura certainement eu le grand mérite incontestable d’avoir...
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