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Actualités - Chronologie

Les Européens ont soigneusement ciselé leur message

Les pas ont été comptés, les lutrins américains ont remplacé la table européenne et le message a été ciselé pour éviter tout couac : il est dit que rien ne viendra troubler la visite de George Bush à Bruxelles. Depuis des semaines, Américains et Européens négocient pied à pied et dans les moindres détails la manière dont se déroulera le séjour du président américain en Belgique, où il est arrivé dimanche soir pour une série de rencontres avec les autorités belges, ainsi qu’avec les dirigeants de l’Otan et de l’UE aujourd’hui. Faute de décisions de substance sur les principaux dossiers, c’est surtout d’« atmosphère » qu’il est question et, dans ce cadre, le contrôle des médias joue un rôle-clé puisqu’ils devront la « faire passer » auprès de l’opinion publique. Côté américain, le message martelé ad nauseam est celui de la réconciliation après les divisions sur l’Irak afin d’entrer dans une « nouvelle ère d’unité transatlantique ». Mais il y a 25 pays dans l’Union européenne et il faut à tout prix éviter que l’un ou l’autre responsable de l’UE se laisse aller à des remarques un tant soit peu iconoclastes qui pourraient ternir la fête des retrouvailles. Le Luxembourg, qui assume actuellement la présidence de l’UE, a donc voulu couper court à ce risque en adressant à chaque délégation une « note » sur le discours à adopter. « La visite du président Bush sera hautement médiatisée », peut-on lire dans ce document où tout est prévu. « Il est important de bien faire passer les messages lors de la rencontre, que ce soit dans la conférence de presse officielle ou lors des divers autres contacts avec la presse. » « Ces messages devront refléter les trois grands objectifs de la rencontre du 22 février », ajoute la note luxembourgeoise : « Améliorer le climat transatlantique, présenter l’UE comme un acteur fort et un partenaire crédible des États-Unis, faire avancer les grands dossiers du jour. » Pas question d’embêter Bush Parmi les messages généraux, il faut absolument faire passer l’idée que « la relation transatlantique est vitale pour les deux partenaires » et qu’elle « sera d’autant plus forte et productive qu’elle sera fondée sur un véritable partenariat ». « Une Europe forte sera un atout pour la relation », poursuit le document qui enjoint les « communicateurs » européens à ne pas se « focaliser sur l’état des relations transatlantiques », mais plutôt de « parler de ce qu’Européens et Américains peuvent faire ensemble pour rendre le monde meilleur ». Les « messages spécifiques » sur tous les dossiers à l’ordre du jour, du Moyen-Orient à l’Irak en passant par l’Iran, déclinent ensuite cette volonté d’insister sur le fait qu’« en agissant ensemble, Européens et Américains peuvent être une formidable force pour le bien dans le monde ». Et pas question d’embêter le président Bush sur des sujets qui fâchent, comme son refus de signer le Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre : « L’UE est consciente des préoccupations américaines », martèle le document. Protocolairement, le programme de la visite a également été réglé comme du papier à musique. Des détails – dont l’empilement comique a fait dire au Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, actuel président de l’UE, que, « si le ridicule tuait, Bruxelles serait jonchée de cadavres » – sont programmés pour éviter tout couac. Des dizaines d’agents américains ont compté le nombre de pas que devrait faire George Bush avant de serrer la main de ses hôtes européens, dont le Premier ministre luxembourgeois. Une longue négociation a été nécessaire pour que les Américains gagnent le droit d’installer leurs lutrins pour la conférence de presse finale du sommet, aujourd’hui, entre l’UE et les États-Unis, en remplacement de la longue table européenne. « En Europe, on s’assied », a protesté le négociateur européen. Mais les services américains ont fait valoir qu’en cas d’attentat, la situation assise du président leur ferait perdre une ou deux secondes critiques pour le protéger. La sécurité est d’ailleurs l’obsession de la réunion. Les quartiers de l’UE et de l’Otan, celui du palais royal belge, ainsi que le camp renforcé de l’ambassade américaine à Bruxelles sont interdits à la circulation, au point que Bruxelles ressemblait partiellement hier à une ville déserte. Les seuls à se réjouir de la situation seront sans doute les quelque 4 000 fonctionnaires de la Commission européenne et du Conseil des ministres de l’UE dont on utilisera les bâtiments, à qui l’on a donné congé pour ne pas gêner la sécurité.
Les pas ont été comptés, les lutrins américains ont remplacé la table européenne et le message a été ciselé pour éviter tout couac : il est dit que rien ne viendra troubler la visite de George Bush à Bruxelles.
Depuis des semaines, Américains et Européens négocient pied à pied et dans les moindres détails la manière dont se déroulera le séjour du président américain en Belgique, où il est arrivé dimanche soir pour une série de rencontres avec les autorités belges, ainsi qu’avec les dirigeants de l’Otan et de l’UE aujourd’hui.
Faute de décisions de substance sur les principaux dossiers, c’est surtout d’« atmosphère » qu’il est question et, dans ce cadre, le contrôle des médias joue un rôle-clé puisqu’ils devront la « faire passer » auprès de l’opinion publique.
Côté américain, le...