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Prendre son destin en main

Je suis libanais, étudiant à Genève en relations internationales, et j’aimerais vous faire part de mon sentiment au sujet de l’odieux attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri. Que Damas ou ses fidèles serviteurs du gouvernement libanais soient les commanditaires de l’acte en lui-même, finalement peu importe : ce n’est pas là la vraie question. La Syrie et ses acolytes sont coupables de toute façon de la situation qui a permis ce crime. C’est un problème de fond qui – comme dans tous les pays où la démocratie n’existe pas – a besoin d’un événement sanglant pour être mis en lumière. Après la guerre civile, le Liban a mis tout son espoir dans Taëf, dont la Syrie était la garante, et c’est pourquoi ces troupes pouvaient rester sur le sol libanais. Voici ce que disent les accords de Taëf : « Compte tenu du fait de la nature des relations fraternelles qui lient le Liban à la Syrie, les forces syriennes aideront, qu’elles en soient remerciées, les forces légales libanaises à étendre l’autorité de l’État libanais dans un délai maximum de deux ans après la ratification du document d’entente nationale, l’élection du président de la République, la formation du gouvernement d’entente nationale et l’adoption des réformes politiques par la voie constitutionnelle. À la fin de cette période, les deux gouvernements, le gouvernement syrien et le gouvernement libanais d’entente nationale, décideront du redéploiement des troupes. » « Proclamation de la dissolution de toutes les milices, libanaises ou non, et la remise de leurs armes à l’État libanais. » 1. Les Syriens n’ont pas aidé l’État libanais à étendre son autorité sur le territoire, puisqu’ils interfèrent dans toutes les décisions par des menaces, par des injonctions, voire même selon des analyses nombreuses par des assassinats. Le fait qu’avant chaque décision importante, tous les responsables libanais défilent à Damas est un signe qui ne trompe pas. 2. C’est avec le soutien de la Syrie que le Liban n’étend pas son autorité sur le sud du pays. 3. Toutes les milices n’ont pas été désarmées, et les combattants palestiniens ou du Hezbollah peuvent se promener librement, armes à la main. Il est donc évident que la Syrie fait tout pour contrecarrer la réalisation des accords de Taëf, c’est- à-dire tout le contraire de ce qu’elle devrait faire Par conséquent, il n’y a plus aucune raison à sa présence sur le territoire libanais, et elle ne peut plus se fonder sur le texte de Taëf pour justifier cette présence, car par son inaction, elle a rendu nulles les clauses la concernant. J’aimerais finir en citant les accords de Taëf et notamment deux de ses principes généraux : « Le Liban est patrie souveraine, libre, indépendante, patrie définitive de tous ses fils, et une par son territoire, son peuple et ses institutions dans le cadre des frontières délimitées dans la constitution libanaise et reconnues internationalement. » « Le Liban est une république démocratique parlementaire fondée sur le respect des libertés publiques, en particulier la liberté d’opinion et de croyance, ainsi que sur la justice sociale et l’égalité dans les droits et les devoirs entre tous les citoyens sans distinction ni privilège. » Ni la Syrie ni la communauté internationale n’ayant agi pour défendre ces principes écrits en 1989, c’est désormais à nous Libanais de prendre notre destin en main, de défendre nos droits et de sauver notre nation. Raji S. (Genève)
Je suis libanais, étudiant à Genève en relations internationales, et j’aimerais vous faire part de mon sentiment au sujet de l’odieux attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri.
Que Damas ou ses fidèles serviteurs du gouvernement libanais soient les commanditaires de l’acte en lui-même, finalement peu importe : ce n’est pas là la vraie question. La Syrie et ses acolytes sont coupables de toute façon de la situation qui a permis ce crime. C’est un problème de fond qui – comme dans tous les pays où la démocratie n’existe pas – a besoin d’un événement sanglant pour être mis en lumière. Après la guerre civile, le Liban a mis tout son espoir dans Taëf, dont la Syrie était la garante, et c’est pourquoi ces troupes pouvaient rester sur le sol libanais.
Voici ce que disent les accords de Taëf : «...