Des représentants des sunnites, grands perdants des élections du 30 janvier, devraient être cependant associés à la rédaction de la Constitution au sein de comités d’experts qui assisteront les députés élus.
«Les sunnites pourront participer au pouvoir de deux façons : en obtenant des postes ministériels, mais aussi en prenant part à la rédaction de la Constitution au sein de comités spéciaux rassemblant des personnalités de l’extérieur du Parlement », estime Nesrine al-Barouari, élue sur la liste kurde.
Cette communauté, dont la majorité a décidé de boycotter les élections, s’est retrouvée avec une poignée d’élus au Parlement de 275 sièges et devra compter sur d’autres voix pour participer à la rédaction de la Constitution.
« Les comités chargés de la rédaction de la Constitution doivent être formés parmi les membres du Parlement, mais ceux qui viendraient de l’extérieur de l’Assemblée sont les bienvenus », affirme Imad Chebib, un proche du Premier ministre sortant Iyad Allaoui. « Il est très important d’impliquer toutes les minorités dans ce processus, les sunnites comme les autres groupes qui n’ont pas obtenu de représentation par les élections », ajoute-t-il.
La liste du président sortant, Ghazi al-Yaouar, n’a obtenu que cinq sièges bien qu’elle ait été la première liste sunnite. Une autre liste sunnite, celle de Michaane al-Joubouri, a remporté un seul siège, et les autres élus sunnites entreront au Parlement sous la bannière de listes chiites.
Face au raz-de-marée chiite et kurde, les sunnites auront donc fort à faire pour se maintenir sur la scène politique. Déjà, les tractations en coulisses donneraient les postes de Premier ministre et président à ces deux communautés gagnantes.
Il reste le poste de président du Parlement auquel les sunnites pourraient prétendre. Selon un expert impliqué dans le processus politique en Irak, ce poste pourrait se révéler plus que symbolique. « La rédaction de la Constitution sera probablement donnée à un comité rassemblant des hommes politiques du Parlement et de l’extérieur, ce qui permettra à des sunnites d’y participer », dit-il sous le couvert de l’anonymat. « Cela demandera une forte poigne à la tête du Parlement pour garantir que les décisions de ce comité ne soient pas annulées par une Assemblée » dominée par les chiites et les Kurdes, estime-t-il. « Le poste de président du Parlement sera donc très important. Son détenteur aura la responsabilité de diriger les débats et aura accès à tous les comités », ajoute cet expert.
Après avoir appelé au boycottage des élections, le Comité des ulémas musulmans, principale association religieuse sunnite d’Irak, mène désormais des efforts pour unifier les rangs de cette communauté après le scrutin.
Il a conditionné sa participation à la rédaction de la Constitution à la mise en place d’un calendrier de retrait des forces étrangères. « Nous voulons la participation du Comité des ulémas à la Constitution et ils nous ont dit qu’il le feront probablement », affirme M. Chebib. « La majorité des sunnites sont désolés de ne pas avoir participé aux élections et maintenant ils cherchent à faire partie du processus constitutionnel », ajoute-t-il.
La Loi fondamentale, qui régira le pays jusqu’à la rédaction de la Constitution permanente, stipule que le Parlement a jusqu’au 15 août pour écrire le texte qui sera ensuite soumis à un référendum populaire.
Les vainqueurs des élections se sont empressés de déclarer qu’ils tendaient la main aux sunnites pour éviter la marginalisation de cette communauté et son passage total dans la résistance armée.
Jean-Marc MOJON (AFP)
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«Les sunnites pourront participer au pouvoir de deux façons : en obtenant des postes ministériels, mais aussi en prenant part à la rédaction de la Constitution au sein de comités spéciaux rassemblant des personnalités de l’extérieur du Parlement », estime Nesrine al-Barouari, élue sur la liste kurde.
Cette communauté, dont la majorité a décidé de boycotter les élections, s’est retrouvée avec une poignée d’élus au Parlement de 275 sièges et devra compter sur d’autres voix pour participer à la rédaction de la Constitution.
« Les comités chargés de la rédaction de la Constitution doivent...