Dans un article publié hier dans le Haaretz, la journaliste Amira Hass* dénonce les tragiques événements de Rafah et en appelle à la conscience des Israéliens en leur rappelant la responsabilité de leur armée et de leur gouvernement dans la mort de civils et d’enfants palestiniens.
Morceaux choisis :
« À première vue, c’est l’histoire de Mohammed Shaqfa, 14 ans, du bloc O à Rafah, dont la maison a été détruite par un bulldozer le 13 mai dernier. Une des 72 maisons complètement démolies en deux jours là-bas » (...)
« En fait, il s’agit de l’histoire des conducteurs de bulldozer israéliens et de leurs commandants qui, ensemble, enterrent le fruit du travail de centaines de familles en quelques minutes. C’est l’histoire de soldats dans leurs tanks qui disent “Dépêche-toi, dépêche-toi” au fils qui porte son vieux grand-père sur les épaules pour échapper aux bulldozers » (...)
« À première vue, c’est aussi l’histoire de Mahmoud Saqfa, le frère de 9 ans de Mohammed, qui est allé voir l’emplacement sur lequel se trouvait sa maison, près de la frontière, vendredi dernier (...) Un coup de feu fut tiré, et il a été touché à la tête. Apparemment, il a été chanceux, et la balle a ricoché » (...)
« Mais en vérité, l’histoire est celle de ce porte-parole de l’armée israélienne qui relaie les réponses des soldats sur le terrain ; quand le mort est un enfant ou quand quelqu’un est simplement blessé, ils disent que “nous n’avons connaissance d’aucun tir dans cette zone à ce moment”, ou ils disent “Des tireurs ont été repérés, des tirs les ont visés et un militant armé a été touché”. »
« Entendrons-nous vraiment l’histoire de Mohammed Jaber, 27 ans, qui partit boire un café chez son voisin, Abou Ali, à Tal al-Sultan ? Certes, le couvre-feu avait été instauré, mais ils vivent si proches l’un de l’autre. Et comment peut-on vivre enterré dans sa maison ? (...) Il a été tué par un tir provenant de la position militaire de l’immeuble Abou Hashem. »
« Par-dessus tout, c’est l’histoire d’une armée de la taille d’une puissance mondiale que l’on absout si ses soldats tuent des civils non armés car ils, les criminels, contreviennent à un ordre de couvre-feu » (...)
« C’est l’histoire de 61 % de l’opinion publique israélienne qui (...) soutient la destruction de maisons pour élargir la route de Philadelphie. »
« Les milliers d’histoires de Rafah ne seront jamais dites, car elles se répètent, elles parlent des généraux israéliens, de l’armée et du gouvernement. Ce sont eux qui sont parvenus à convaincre la majorité des Israéliens que Rafah et ses tunnels sont le pire ennemi auquel se trouve confronté l’État d’Israël et que, dès lors, il est légitime d’étrangler ses 160 000 habitants. »
* Amira Hass est une journaliste israélienne qui s’est installée dans les territoires palestiniens afin de couvrir l’actualité palestinienne du conflit, et ce malgré de nombreux obstacles venant aussi bien des autorités israéliennes que palestiniennes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans un article publié hier dans le Haaretz, la journaliste Amira Hass* dénonce les tragiques événements de Rafah et en appelle à la conscience des Israéliens en leur rappelant la responsabilité de leur armée et de leur gouvernement dans la mort de civils et d’enfants palestiniens.
Morceaux choisis :
« À première vue, c’est l’histoire de Mohammed Shaqfa, 14 ans, du bloc O à Rafah, dont la maison a été détruite par un bulldozer le 13 mai dernier. Une des 72 maisons complètement démolies en deux jours là-bas » (...)
« En fait, il s’agit de l’histoire des conducteurs de bulldozer israéliens et de leurs commandants qui, ensemble, enterrent le fruit du travail de centaines de familles en quelques minutes. C’est l’histoire de soldats dans leurs tanks qui disent “Dépêche-toi, dépêche-toi” au fils...