Habituellement, le ministre syrien des Affaires étrangères n’est pas trop malhabile. Certes, presque chaque fois qu’il évoque le Liban, il dérape. Mais ce n’est pas vraiment de sa faute. Plutôt de celle de la politique léonine, à la Leonid, qu’il défend. Cette fois, cependant, force est de reconnaître qu’il a lourdement bourdé. Deux ans, il veut s’incruster encore deux ans chez nous ! Et il se contredit : c’est pour aider, dit-il, les Libanais. Tant d’amour est touchant. Mais quand on aime, on ne compte pas. Alors deux ans, c’est trop, ou c’est trop peu. Pourquoi, en quoi les Libanais ont-ils besoin d’aide ? 80 000 hommes sous les armes nationales, ce n’est pas assez ? Quelle invincible milice de guerre a-t-elle pu jamais en réunir le dixième ?
Reste la bévue : deux ans, c’est, comme par hasard, à peu près ce qu’il reste à tirer au régime prorogé. Farouk el-Chareh le désigne donc, assez clairement, comme le destinataire principal de la protection syrienne. À moins, et c’est encore pire pour nos loyalistes, qu’il ait voulu dire que pendant ces deux ans, les Syriens se sentiraient eux-mêmes assez protégés, ici, pour s’accrocher. Ou encore, c’est encore pire que pire, qu’au bout de deux ans, Damas aura réussi à décrocher ses bons amis radicaux ou fondamentalistes, palestiniens ou libanais, pour s’arranger gentiment avec l’ennemi. Faute de grive, on mange du merle, et faute de saumon, du merlan. Et à défaut du succulent Liban, on grignotera du maigre Golan.
J. I.
Habituellement, le ministre syrien des Affaires étrangères n’est pas trop malhabile. Certes, presque chaque fois qu’il évoque le Liban, il dérape. Mais ce n’est pas vraiment de sa faute. Plutôt de celle de la politique léonine, à la Leonid, qu’il défend. Cette fois, cependant, force est de reconnaître qu’il a lourdement bourdé. Deux ans, il veut s’incruster encore deux ans chez nous ! Et il se contredit : c’est pour aider, dit-il, les Libanais. Tant d’amour est touchant. Mais quand on aime, on ne compte pas. Alors deux ans, c’est trop, ou c’est trop peu. Pourquoi, en quoi les Libanais ont-ils besoin d’aide ? 80 000 hommes sous les armes nationales, ce n’est pas assez ? Quelle invincible milice de guerre a-t-elle pu jamais en réunir le dixième ?
Reste la bévue : deux ans, c’est, comme par hasard, à...
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