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Actualités - Chronologie

CORRESPONDANCE Vœux en différé

Paris – de Mirèse AKAR En France, la République est bonne fille, et donc assez tolérante au chapitre des vœux. Ainsi peut-on présenter les siens jusqu’à l’ultime jour de janvier – dernier carat tout de même! – qui, par chance, en compte trente et un. Et l’habitude semble aujourd’hui prise de surseoir tant qu’on peut. On ne reçoit pratiquement plus de cartes pailletées à l’approche de Noël, période où le courrier devient à la fois erratique et famélique. Et puis, à partir du 10 janvier, c’est une pléthore d’enveloppes rigides, qui apportent des vœux en différé, en quelque sorte à la remorque des fêtes. On dirait bien d’ailleurs que les cartes traditionnelles prennent en 2005 leur revanche sur les SMS, en vogue l’an dernier, mais qui tiennent parfois trop de la plaisanterie de potaches. Traditionnelles? Pas tant que cela, car elles semblent donner lieu à une surenchère dans l’originalité, voire l’extravagance. Un puzzle J’ai reçu par exemple des vœux sous la forme d’un puzzle géant – en pièces détachées, cela va de soi –, et l’envoyeur avait assurément comme arrière-pensée de me tenir occupée le restant de l’année pour le reconstituer! Un autre, qui cherchait à m’en mettre plein les yeux, m’a adressé une carte qui avait presque la longueur d’un mètre de topographe, et je me suis félicitée d’avoir une concierge plutôt qu’une simple boîte aux lettres où elle aurait fini en accordéon. Entre papier gaufré, pliages, trompe-l’œil, trou-trous, superpositions permettant de lire en transparence… le choix est vaste. Pour se payer ces petites merveilles, il faut un budget conséquent, et personne ne songe apparemment à lésiner. Les quelques radins qui choisissent de s’en tenir au format classique se rendent presque coupables de casser l’ambiance. Mais il en est qui savent donner dans la sobriété sans renoncer pour autant à l’originalité. Comme le directeur de l’Office de tourisme de Saint-Rémy de Provence qui a choisi de reproduire in extenso un poème d’Andrée Chédid et cela, renseignement pris, sans même la connaître: «Je ne bénis je ne maudis / Ni le sort ni les dieux / Je rends grâce au jour / Pour chaque afflux d’aube / Pour chaque festin du cœur / Pour le grain d’une parole / Pour les silences inouïs / Je rends grâce à la terre / À ce séjour sans prix / À nos cœurs d’argile / Au souffle qui resplendit.» Un travail à plein temps Côté officiel, c’est une kyrielle de cérémonies, mi-bilan de l’année écoulée, mi-projection dans celle qui commence. À tout seigneur, tout honneur, c’est le président de la République qui ouvre le feu tandis que les différents ministères se concertent pour éviter les chevauchements. Même ici, une certaine fantaisie n’est pas interdite. En 2004, le ministre délégué au Tourisme avait loué les services d’un orchestre. Cette fois, il a choisi le cadre d’un restaurant. Délaissant les salons de la rue de Valois, Renaud Donnedieu de Vabres nous a, quant à lui, conviés à visiter le chantier du Grand Palais et s’est exprimé sous les 15 000 m2 de sa magnifique verrière. Un chantier, voilà qui est pour le moins emblématique d’une année nouvelle ! Pendant ce temps, les cartes continuent d’affluer, certaines assorties d’un petit calendrier qui n’a pas dû faire particulièrement plaisir à beaucoup. On y découvre en effet que, par suite de ce qu’on appelle justement les hasards du calendrier, ponts et acqueducs sont quasiment inexistants en 2005, les 1er et 8 mai ainsi que le 25 décembre tombant un dimanche, le 15 août un lundi et le 11 novembre un vendredi. À quoi il faut ajouter que le lundi de Pentecôte n’est désormais plus férié. Déjà, ce ne sont que lamentations qui s’élèvent de toutes parts ! Comment ne pas penser à ce propos à Carlos Ghosn qui prendra en avril la tête de Renault, tout en continuant de piloter Nissan ? Face aux Japonais qui ne s’octroient que quatre jours de vacances par an, les Français doivent faire figure à ses yeux de mauvais élèves. Leur prêcher les vertus du labeur sera sans doute pour lui un travail à plein temps.
Paris – de Mirèse AKAR

En France, la République est bonne fille, et donc assez tolérante au chapitre des vœux. Ainsi peut-on présenter les siens jusqu’à l’ultime jour de janvier – dernier carat tout de même! – qui, par chance, en compte trente et un. Et l’habitude semble aujourd’hui prise de surseoir tant qu’on peut. On ne reçoit pratiquement plus de cartes pailletées à l’approche de Noël, période où le courrier devient à la fois erratique et famélique.
Et puis, à partir du 10 janvier, c’est une pléthore d’enveloppes rigides, qui apportent des vœux en différé, en quelque sorte à la remorque des fêtes. On dirait bien d’ailleurs que les cartes traditionnelles prennent en 2005 leur revanche sur les SMS, en vogue l’an dernier, mais qui tiennent parfois trop de la plaisanterie de potaches....