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Actualités - Opinion

Éclairage - Voter au risque de mourir à Mossoul

À Mossoul (nord de l’Irak), les militaires américains envisagent toutes les possibilités, y compris celle de bombes humaines se faisant exploser à l’intérieur des bureaux de vote, alors que le compte à rebours pour les élections du 30 janvier a commencé. Les soldats américains font tout leur possible pour assurer que les quelque 1,5 millions d’habitants de Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive, puissent voter. Ils doivent cependant apaiser les craintes de la population à majorité arabe sunnite de cette ville en proie aux violences, alors que les préparatifs des scrutins, qu’une bonne partie des dirigeants sunnites veut boycotter, sont entourés du plus grand secret par souci de sécurité. D’ailleurs, banderoles et affiches électorales sont invisibles à Mossoul, où les candidats et les partis en lice pour l’Assemblée nationale et le conseil provincial de Ninive gardent un profil bas. Bombes et voitures piégées sont le lot quotidien des habitants de Mossoul. Mais ce que l’armée américaine craint le plus est que des kamikazes se fassent exploser au milieu de la foule le jour des élections. Des militaires américains ont donc mis en garde contre les risques d’attaques « spectaculaires » des insurgés durant les élections. « Participer aux élections est un acte d’infidélité », avertit un tract retrouvé par les militaires à Mossoul et signé du groupe extrémiste armé Ansar al-Sunna. « Non, non aux élections sous l’occupation », peut-on lire sur un autre. Les soldats affirment avoir également trouvé des tracts menaçant de « décapiter ceux qui voteront ». Ansar al-Sunna et le groupe de l’islamiste extrémiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, lié à el-Qaëda, ont également parlé d’attaquer les bureaux de vote. « La question qui se pose est : cela vaut-il la peine de voter si l’on risque de se faire tuer ? » se demande le capitaine Kurilla. « Tenir des élections est impossible », estime Abou Chab, un habitant de Mossoul, âgé de 30 ans. « Personne ne se sent suffisamment en sécurité pour voter », ajoute-t-il. Hamid al-Zouhairi, 66 ans, dit qu’il voterait si la sécurité était assurée car « cela nous apporterait la stabilité à laquelle nous aspirons ». Des troupes irakiennes et américaines ont donc été dépêchées récemment en renfort à Mossoul en prévision des élections. « Nous devons faire en sorte que les gens se sentent de sécurité », dit le lieutenant-colonel Michael Gibler, commandant des forces américaines dans l’est de la ville. Les troupes s’apprêtent d’ailleurs à distribuer des tracts appelant les habitants à voter: « Dites aux terroristes : ça suffit. Opposez-vous à la terreur et sauvez l’Irak le 30 janvier. » Sam Dagher (AFP)
À Mossoul (nord de l’Irak), les militaires américains envisagent toutes les possibilités, y compris celle de bombes humaines se faisant exploser à l’intérieur des bureaux de vote, alors que le compte à rebours pour les élections du 30 janvier a commencé.
Les soldats américains font tout leur possible pour assurer que les quelque 1,5 millions d’habitants de Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive, puissent voter. Ils doivent cependant apaiser les craintes de la population à majorité arabe sunnite de cette ville en proie aux violences, alors que les préparatifs des scrutins, qu’une bonne partie des dirigeants sunnites veut boycotter, sont entourés du plus grand secret par souci de sécurité. D’ailleurs, banderoles et affiches électorales sont invisibles à Mossoul, où les candidats et les partis en lice pour...