Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Éclairage - Campagne discrète des partis chrétiens faute d’argent et de sécurité

Faute d’argent et de sécurité, les partis chrétiens mènent une campagne discrète en vue des premières élections générales multipartites en Irak depuis un demi-siècle prévues le 30 janvier. « Les partis gouvernementaux sont capables de toucher un large public grâce aux médias, car ils jouissent du pouvoir et de moyens financiers », affirme Odicho Toma, membre du Parti patriotique assyrien (PNA), qui fait partie de la coalition conduite par les deux grands partis kurdes. « Nous nous bornons à organiser des réunions pour encourager notre communauté à voter en notre faveur », a-t-il ajouté. Représentant environ 3 % de la population, la communauté chrétienne se divise en deux grands courants : les Chaldéens (catholiques) majoritaires et les Assyriens (nestoriens). Elle est présente à Bagdad, dans la région de Mossoul (Nord), au Kurdistan et un peu à Bassora, dans le Sud. Même pour des formations plus puissantes comme le Mouvement démocratique assyrien (MDA), de Yonnadam Youssef Kanna, il n’est pas facile de gagner une réelle audience. « Si l’on considère que la durée du prochain Parlement n’est que de 11 mois, ce n’est pas raisonnable de dépenser tout cet argent », souligne William Warda, chef du département culturel du MDA. La prochaine Assemblée nationale doit rédiger la Constitution permanente du pays. Comparés à l’affichage massif de la liste chiite avec la photo du grand ayatollah Ali Sistani, les posters des partis chrétiens sont rares sans symboles visibles en dehors d’une carte de l’Irak avec le Tigre et l’Euphrate et l’ancien symbole du soleil stylisé en forme d’un astérisque à quatre branches. Le mot d’ordre est sobre. « Pour la prospérité de l’Irak, pour l’unité du peuple chaldéen-syriaque-assyrien, votez pour la liste 148, la “coalition démocratique de Mésopotamie” », regroupant l’Union patriotique de Mésopotamie et le Rassemblement indépendant du mouvement des syriaques (RIMS). Une liste rivale a choisi quasiment le même design avec aussi un texte concis : « Pour un Irak sûr où fleurissent la souveraineté et l’unité nationale, votez pour la liste 204, celle de la “Liste nationale de la Mésopotamie” », qui réunit le MDA et le Conseil national chaldéen. En fait, les huit partis chrétiens d’Irak se divisent en trois groupes : un fait cavalier seul, quatre sont dans deux coalitions chrétiennes et trois dans une coalition menée par les Kurdes. La radio et la télévision satellitaire Achour, qui appartiennent au MDA, font bien sûr campagne en arabe et syriaque pour la « Liste nationale de Mésopotamie ». « La Liste nationale de Mésopotamie agira aux côtés d’autres composantes de la société irakienne pour établir un régime parlementaire démocratique et pluraliste garantissant les droits du peuple », affirme dans le spot le chef de la liste M. Kana. À la radio du parti, la musique est entrecoupée par un slogan : « Oui au dialogue, non à la violence et au terrorisme. L’Irak berceau de la fraternité nationale depuis Babylone et l’Assyrie en passant par la culture musulmane. » « Nous sommes inquiets que certains extrémistes dominent le prochain Parlement ou que des nationalistes radicaux arabes arrivent au pouvoir et suscitent des troubles », explique M. Warda. Mais plus que l’argent, c’est la peur qui risque de décourager les chrétiens. Ainsi, à Mossoul, où la guérilla sunnite hostile aux élections impose sa loi, il est probable que les chrétiens craindront d’aller aux urnes. « Il est impossible de distribuer des tracts. Nous pouvons seulement contacter des électeurs chez eux et sur leur lieu de travail. Je doute que les chrétiens de Mossoul iront aux bureaux de vote et d’ailleurs seront-ils ouverts ? » demande Yacho Majid Hadaya, du RIMS. Les partis chrétiens comptent aussi beaucoup sur le vote des quelques centaines de milliers de leurs coreligionnaires et compatriotes vivant à l’étranger, notamment en Australie, en Europe et aux États-Unis. Salwan BINNI (AFP)
Faute d’argent et de sécurité, les partis chrétiens mènent une campagne discrète en vue des premières élections générales multipartites en Irak depuis un demi-siècle prévues le 30 janvier. « Les partis gouvernementaux sont capables de toucher un large public grâce aux médias, car ils jouissent du pouvoir et de moyens financiers », affirme Odicho Toma, membre du Parti patriotique assyrien (PNA), qui fait partie de la coalition conduite par les deux grands partis kurdes. « Nous nous bornons à organiser des réunions pour encourager notre communauté à voter en notre faveur », a-t-il ajouté.
Représentant environ 3 % de la population, la communauté chrétienne se divise en deux grands courants : les Chaldéens (catholiques) majoritaires et les Assyriens (nestoriens). Elle est présente à Bagdad, dans la région de...