L’Onu aborde l’année de son 60e anniversaire avec l’espoir qu’une ambitieuse réforme interne lui permettra de mieux répondre aux défis du siècle, après une année au parfum de scandale qui a fait craindre le pire dans ses relations avec les États-Unis.
Son secrétaire général, Kofi Annan, compte proposer d’importants changements au fonctionnement des Nations unies, inspirés de 101 recommandations présentées début décembre par un comité des sages international. Un rapport est attendu en mars, avec une possible adoption lors d’un sommet mondial en septembre. Par une telle réforme, M. Annan vise à ancrer l’Onu au centre d’un système rénové de sécurité collective. Le rôle de l’organisation a été remis en cause après l’invasion américaine de l’Irak sans son aval explicite.
Parmi les recommandations du comité des sages, la plus ambitieuse concerne une refonte du Conseil de sécurité, qui passerait de 15 membres à 24, avec deux options possibles pour la répartition des sièges. Il s’agit d’adapter et d’ouvrir à certains pays du tiers-monde le principal organe de décision de l’Onu, dont le nombre des sièges n’a guère changé depuis 1945 lorsque les Nations unies comptaient une cinquantaine d’États contre 191 aujourd’hui.
Plusieurs pays de poids, soit par la population, soit par leur contribution au budget de l’Onu, sont candidats à un siège permanent : Allemagne, Brésil, Inde, Japon, Afrique du Sud, Égypte, Nigeria notamment.
Mais aucune réforme significative de l’Onu ne pourra aboutir sans l’aval des grandes puissances, en particulier des États-Unis. Dans cette optique, une détérioration des relations entre l’Administration Bush et Kofi Annan, déjà peu chaleureuses depuis l’affaire d’Irak, risquerait d’ôter à ce dernier l’autorité nécessaire pour faire aboutir la réforme.
De nombreux diplomates ont eu cette crainte fin novembre, au plus fort d’une campagne menée par la droite américaine contre M. Annan, rendu responsable, de par sa position, de plusieurs scandales affectant l’Onu. 2004 a vu l’ouverture d’enquêtes internes sur des allégations de harcèlement sexuel et d’abus divers dans certains services ou agences de l’Onu.
Des responsables civils de l’Onu et quelques soldats de la force de paix des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC) ont également été accusés dans une affaire de violences sexuelles.
Mais le plus gros scandale, révélé en janvier, est celui du programme « pétrole contre nourriture » en Irak. Ce programme, en vigueur de décembre 1996 à novembre 2003, était destiné à alléger les souffrances du peuple irakien du fait de l’embargo du temps de Saddam Hussein. Mais il a été perverti par le régime et plusieurs milliards de dollars en ont été détournés. Plusieurs enquêtes sont en cours.
Un journal de Bagdad a publié une liste de personnes et de sociétés ayant tiré profit du système, parmi lesquelles le haut responsable de l’Onu chargé de gérer le programme, Benon Sevan. Celui-ci a démenti avoir mal agi.
Le nom du fils de M. Annan, Kojo, a également été cité dans le scandale. Kofi Annan a reconnu que cet aspect de l’affaire créait un « problème de perception » pour l’Onu même si son fils a lui aussi démenti toute malversation.
Plusieurs parlementaires américains ont demandé la démission de Kofi Annan mais, après un vaste mouvement de soutien, les États-Unis lui ont finalement réitéré leur soutien, en rappelant la nécessité que l’enquête sur le programme « pétrole contre nourriture » soit complète et transparente.
En décembre, l’Onu a fait face à un nouveau scandale, avec la découverte au siège de l’organisation à Genève d’une installation d’écoutes clandestines cachée dans le « Salon français ». Une première depuis la guerre froide.
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Son secrétaire général, Kofi Annan, compte proposer d’importants changements au fonctionnement des Nations unies, inspirés de 101 recommandations présentées début décembre par un comité des sages international. Un rapport est attendu en mars, avec une possible adoption lors d’un sommet mondial en septembre. Par une telle réforme, M. Annan vise à ancrer l’Onu au centre d’un système rénové de sécurité collective. Le rôle de l’organisation a été remis en cause après l’invasion américaine de l’Irak sans son aval explicite.
Parmi les...