« Intense, mais turbulent », avaient jugé les pères jésuites. Intense, Édouard Saab le restera jusqu’au bout, jusqu’à cette balle tirée par un franc-tireur qui l’atteindra à la tempe, au point de passage du Musée, le 16 mai 1976. Au fil des années, cette intensité était devenue passion. La passion d’un métier, le journalisme, qu’il est impossible d’exercer « avec modération », en se ménageant.
Mieux que ses maîtres de collège, sa fille, Myra Frapier-Saab, le décrit ainsi : « Libanais, chrétien, mais aussi arabe, réformateur, partisan de la cause palestinienne, défenseur d’une justice sociale. » C’est qu’il a été à tant d’écoles, avant d’entrer en journalisme comme on entre en religion : humanisme d’Henri Bergson, personnalisme d’Emmanuel Mounier, sans compter le courant réformateur de Maurice Gemayel.
Rendant compte, dans son édition du lendemain, de sa brutale disparition, le journal qui fut si longtemps le sien titre à la une : « Le témoignage interrompu» et écrit : « Ce soldat de la plume étouffait littéralement derrière son bureau. L’événement, il lui fallait le vivre. Au risque d’en mourir (…). La voix du témoin s’est tue, brisée par un temps où le fracas des armes couvre le grondement des rotatives “ avant d’évoquer ” cette extraordinaire alerte des sens, cette fébrilité créatrice, cet enthousiasme débordant face à l’information, à la nouvelle ».
Toujours cette intensité détectée par ses professeurs. La turbulence, elle, s’était muée en exubérance, cette qualité qui est à la base des grandes réalisations.
Il est comme cela des êtres d’exception qui traversent la vie en la marquant de leur empreinte, à chaque pas, à tout instant.
Édouard Saab était de ces êtres-là.
« Intense, mais turbulent », avaient jugé les pères jésuites. Intense, Édouard Saab le restera jusqu’au bout, jusqu’à cette balle tirée par un franc-tireur qui l’atteindra à la tempe, au point de passage du Musée, le 16 mai 1976. Au fil des années, cette intensité était devenue passion. La passion d’un métier, le journalisme, qu’il est impossible d’exercer « avec modération », en se ménageant.
Mieux que ses maîtres de collège, sa fille, Myra Frapier-Saab, le décrit ainsi : « Libanais, chrétien, mais aussi arabe, réformateur, partisan de la cause palestinienne, défenseur d’une justice sociale. » C’est qu’il a été à tant d’écoles, avant d’entrer en journalisme comme on entre en religion : humanisme d’Henri Bergson, personnalisme d’Emmanuel Mounier, sans compter le courant...
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