Rechercher
Rechercher

Actualités

MUSIQUE Artistes et maisons de production main dans la main (photo)

La production musicale libanaise est très vivante. C’est une bonne nouvelle. L’autre bonne nouvelle, c’est que les artistes sont suffisamment motivés pour faire naître, comme des champignons en ce moment (il faut le dire), des maisons de production qui – pas pour tous, malheureusement – se chargent de la promotion et de la diffusion de leurs enregistrements. Les radios locales sont loin de soutenir cet effort, mais l’enthousiasme musical est à saluer. «Night Shifts», de Paulak Pour des raisons professionnelles, Paulak s’installe dans un des pays du Golfe. Confronté au désert pendant quelques mois, il se retrouve seul face à lui-même. Ce sentiment grandit jusqu’au jour où l’évidence arrive à maturité : un album. «J’avais tellement de temps à perdre, tellement d’heures de solitude que j’ai pu résoudre pas mal de mes questions, arriver aux interrogations principales, me mettre en relation avec mes sentiments les plus secrets et les faire parvenir à la surface de mon esprit.» Paulak s’entoure de quelques instruments de musique et d’un énorme logiciel qui lui permettent de créer à foison. Ces Veilles de nuit (Night Shifts, le titre de son premier album) sont constituées de onze étapes, où guitare (acoustique et électrique) et voix dominent. Paulak est loin d’avoir inventé l’eau tiède dans la catégorie « jeune talent qui réfléchit et qui le dit en chantant », mais chacune de ses chansons porte en elle suffisamment de bons éléments pour être écoutée agréablement. Issu du monde de la publicité, Paulak sait plaire et sait où composer. Pour ce faire, il s’est fait aider, pour les paroles et la musique des morceaux Immigrant et Repeat Cycle, par Tarek Chemaly et Heytham Mezyan. Paulak a récemment donné deux concerts de promotion au B018 (Quarantaine) et au Nova (Sin el-Fil). Night Shifts est produit par «Mass Records», une succursale du label «Temple Entertainment». À consulter, le site de l’artiste: http://www.paulakmusic.com «Communiqué #1», de Ghazi Abdel Baki, «Madinatuna», de Paul Salem et « Ouyoun el-Bakar», de Ziad Sahhab Ghazi Abdel Baki, Paul Salem et Ziad Sahhab ont en commun d’être produits par «Forward Music», maison de production libanaise qui se fait fort de proposer de la «World Music from Lebanon» («Musiques du monde du Liban»). Fondé cette année par Carol Mansour et Ghazi Abdel Baki, Forward Music (http://www.fwdmusiconline.com) a présenté ses trois artistes en août dernier, au Virgin Megastore. Avec sa petite famille – le bassiste Abboud Saadi, le contrebassiste Jack Gregg, le saxophoniste et flûtiste Tom Hornig, le violoniste Claude Chalhoub, le joueur de nay Samir Siblini et les chanteurs Ghada Shbeir, Rayess bek et Loulwa Abdel Baki –, le musicien cofondateur du label rend «hommage aux artistes de Ras-Beyrouth», qui lui ont transmis leur savoir et avec lesquels il joue aujourd’hui. Selon lui, «les années 70 ont vu arriver au Liban un nouveau genre musical: la synthèse. Rock psychédélique, jazz, blues, bossa-nova se sont alors harmonieusement mélangés à la musique traditionnelle arabe.» Accompagnateur du groupe de Ziad Rahbani, ce guitariste et percussionniste signe un album largement issu de la lignée novatrice de la bossa-nova génialement intégrée, il y a une vingtaine d’années aujourd’hui, par le fils de Fairouz. Communiqué #1 plaira donc beaucoup aux nostalgiques de vagues de musique chamarrées, rendant hommage dans une même composition à plusieurs genres musicaux. Madinatuna (Notre ville), le deuxième opus de Paul Salem après Samaa (1998), suit la même veine de mélange arabo-brésilien. Entouré des mêmes «sidemen» que son compagnon de label (avec, en plus, Fouad Afra à la batterie, Ali Khatib aux percussions et au bouzok, Charbel Rouhana au oud, Sherman Irby au saxophone alto et Zike Pfeifer au chant), l’artiste rend hommage à Beyrouth, à ses influences et à ses bruits au travers des compositions intimistes, sirupeuses et douces. «Dans Beyrouth, il y a la richesse et la variété des voix qui s’entremêlent avec elle, souligne-t-il. Beyrouth est l’expression même de l’énergie et du dynamisme, mâtinée de discordances et d’harmonies. Les compositions de mon album sont aussi variées que la ville peut l’être.» Quant à Ziad Sahhab, son histoire est légèrement différente et se rapproche le plus et le mieux de la tradition arabe. Avec sa très longue expérience du oud, il a composé les musiques des pièces de théâtre March, de Issam Bou Khaled, et En attendant Godot, mise en scène par Roger Assaf, avant d’enregistrer Ouyoun el-Bakar, un premier album prometteur. Contrairement à Ghazi Abdel Baki et à Paul Salem, Ziad Sahhab a voulu un album particulièrement indépendant de l’accompagnement instrumental. Ainsi, il joue du oud, chante à mi-voix des poèmes de son cru et de Salah Jaheen, accompagné au rik et au katem (des percussions dites légères) par Ahmad Khatib. Bref, dans ce panel très ouvert, entre fusion et tradition très épurée, «Forward Music» a un beau catalogue et un bel avenir entre les mains. Diala GEMAYEL
La production musicale libanaise est très vivante. C’est une bonne nouvelle. L’autre bonne nouvelle, c’est que les artistes sont suffisamment motivés pour faire naître, comme des champignons en ce moment (il faut le dire), des maisons de production qui – pas pour tous, malheureusement – se chargent de la promotion et de la diffusion de leurs enregistrements. Les radios locales sont loin de soutenir cet effort, mais l’enthousiasme musical est à saluer.

«Night Shifts», de Paulak

Pour des raisons professionnelles, Paulak s’installe dans un des pays du Golfe. Confronté au désert pendant quelques mois, il se retrouve seul face à lui-même. Ce sentiment grandit jusqu’au jour où l’évidence arrive à maturité : un album. «J’avais tellement de temps à perdre, tellement d’heures de solitude que j’ai pu...