Watteau maître chez lui. Le Musée des beaux-arts de Valenciennes (Nord), sa ville natale, consacre pour la première fois une exposition au peintre du plaisir de vivre, autour du thème de « la fête galante » qu’il a introduit dans l’histoire de la peinture.
L’exposition, en marge de Lille 2004, capitale européenne de la culture, réunit, jusqu’au 14 juin, 85 tableaux et dessins : 20 de Jean-Antoine Watteau, mais aussi des œuvres de ses maîtres flamands – Bruegel, Rubens... – et de ses continuateurs.
« Watteau invente un genre, la fête galante. Il est en quelque sorte révolutionnaire. Il y a finalement assez peu de peintres qui créent un thème. Et, en même temps, il s’appuie sur une tradition qui remonte au Moyen Âge », souligne le conservateur du Musée des beaux-arts, Patrick Ramade.
On sait peu de choses de Watteau (1684-1721), qui reste l’un des peintres français les plus énigmatiques.
Fils d’un couvreur, parti à 18 ans, sans argent, tenter sa chance à Paris, il fut reçu en 1717 à l’Académie royale de peinture avec le premier tableau qualifié de « fête galante », car il ne correspondait à aucun genre existant.
Deux ans après la mort de Louis XIV, Watteau rompt avec l’académisme officiel. Il incarne alors les aspirations de l’époque à plus de gaîté et de liberté. Aux toiles monumentales des palais nationaux, il préfère les formats intimistes et les sujets élégants, les couples marivaudant dans des paysages baignés de soleil et les images de jeunesse et de sérénité retrouvée.
Peintre de « l’esprit français »
« L’une des raisons de son succès immédiat, c’est qu’il correspond à l’attente de toute une génération qui, après la mort de Louis XIV, sent les fenêtres s’ouvrir », note Patrick Ramade. La censure est moins stricte et les gens attendent des artistes qu’ils rendent compte de cette nouvelle liberté.
Plusieurs œuvres exposées à Valenciennes témoignent de cette volonté de représenter la vie de la façon la plus plaisante : L’île enchantée, Le concert champêtre ou encore L’accord parfait. Watteau met en scène le sentiment amoureux. Il contribue avec Marivaux à déterminer l’« esprit français », le « goût français » fait d’élégance et de raffinement.
Il est le peintre de la Régence (1715-1723), qui correspond à ses dernières années. Ce « libertin d’esprit, mais sage de mœurs » goûte pourtant peu les honneurs et les mondanités. Malade, instable, jamais satisfait, il n’a pas conscience de son génie ni de la valeur marchande de ses œuvres. Il travaille seul, pour un cercle de mécènes et de collectionneurs. Son « genre » inspirera pourtant Gainsborough, Goya, jusqu’à Édouard Manet, dont Le déjeuner sur l’herbe s’inscrit dans la lignée de ses « fêtes galantes ».
Épuisé par la tuberculose, Watteau meurt à 37 ans, laissant derrière lui une centaine de tableaux reconnus et quelque 700 dessins.
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L’exposition, en marge de Lille 2004, capitale européenne de la culture, réunit, jusqu’au 14 juin, 85 tableaux et dessins : 20 de Jean-Antoine Watteau, mais aussi des œuvres de ses maîtres flamands – Bruegel, Rubens... – et de ses continuateurs.
« Watteau invente un genre, la fête galante. Il est en quelque sorte révolutionnaire. Il y a finalement assez peu de peintres qui créent un thème. Et, en même temps, il s’appuie sur une tradition qui remonte au Moyen Âge », souligne le conservateur du Musée des beaux-arts, Patrick Ramade.
On sait peu de...