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Actualités - Chronologie

Spécialisations pointues et opportunités élargies (photo)

Les universités au Liban sont de plus en plus innovatrices : elles prennent pour cible les étudiants adultes, réaménagent à leur intention les conditions d’admission, les campus, leur accordent une durée d’études prolongée, ouvrent au cœur de leur système des centres d’information et d’orientation, mettent en rapport la formation professionnelle et le marché du travail, coopèrent avec des partenaires étrangers. Pour perdurer, l’université doit désormais proposer de nouvelles formules de formation, être réceptive aux besoins de la population active et se sensibiliser aux aspirations éducatives de l’actuelle génération adulte. Le point avec quelques universités. Aujourd’hui, les universités réadaptent et redéfinissent de nombreuses et diverses façons leurs relations avec la société civile, les divers partenaires économiques et le public. Les notions de formation des adultes et d’éducation tout au long de la vie jouent un rôle prépondérant dans cette redéfinition institutionnelle. L’éducation tout au long de la vie ne pourra se réaliser que si des traits d’union relient les membres du monde universitaire, les réalités socio-culturelles et économiques qui l’entourent et l’action quotidienne des citoyennes et citoyens qui s’emploient à améliorer leurs conditions de vie et de travail. Selon Souhail Mattar, directeur général des relations publiques à la NDU, «l’université dans sa conception traditionnelle connaît actuellement un changement radical devant l’obligation croissante de réagir aux pressions de l’extérieur et aux enjeux technologiques, dus à la concurrence économique mondiale et au besoin en formation continue qui en résulte. Parallèlement, les mouvements sociaux incitent les étudiants à perfectionner leurs compétences et à accroître en permanence leur faculté d’intervenir efficacement. La conception de l’éducation et de la formation des adultes a évolué vers une définition plus générale, pour répondre à la fois aux exigences du marché de l’emploi et aux besoins de la société». Réactualiser l’enseignement Aujourd’hui, l’enseignement supérieur préfère mettre l’accent sur l’épanouissement de soi comme valeur de référence, en ignorant les hiérarchies. «L’université s’est toujours donné pour mission d’inscrire le savoir qu’elle prodigue dans l’esprit d’un temps et d’une époque, contribuant ainsi à structurer notre connaissance du monde et de nous-mêmes : la transmission du savoir de haut niveau a pour vocation de toucher un large public et d’offrir un savoir qui va se transformer en culture pour la société», indique pour sa part le père Chamussy, recteur de l’USJ. Il s’agit de construire une université qui donne une formation tout au long de la vie, où chacun puisse venir se «nourrir» de l’avancée des savoirs dès qu’il en a besoin dans sa vie professionnelle comme dans sa vie personnelle, une université en osmose avec la société, qui réponde à ses interrogations sur la science, les arts, la gestion. C’est ainsi que de plus en plus, au sein de l’enseignement supérieur, l’université devient le lieu où ceux qui transmettent le savoir sont également ceux qui le produisent. Les enseignants sont en même temps des savants œuvrant à édifier un savoir qu’ils transmettront d’autant mieux qu’ils en sont les auteurs. Parallèlement, la vocation de formation professionnelle des études universitaires est aussi ancienne que l’université elle-même: elle renoue aujourd’hui, de manière de plus en plus dynamique depuis ces dernières années, avec une finalité qu’elle avait peu à peu perdue, à mesure qu’elle entrait en crise, le rapport étudiant/professeur ayant largement évolué. La philosophie traditionnelle consistait à percevoir le professeur comme unique source d’informations. Désormais, l’éducation la plus efficace est centrée sur l’étudiant dans ce qu’on appelle l’éducation interactive. Défis universitaires Selon le père Karam Rizk, recteur de l’Usek, ce siècle semble être voué à l’information et à la communication, ce qui entraîne des changements profonds dans les structures et la mission même de l’université. Consciente du rôle complexe qui l’attend et des réformes à entreprendre pour se maintenir dans la course, l’Usek a choisi le chemin de la compétition. L’Usek développe intensément, au double niveau international et régional, une politique de coopération fondée sur le respect des spécificités et de la solidarité, seule voie pertinente pour une culture de la paix. L’Usek compte un effectif de 5000 étudiants environ répartis sur 10 facultés et 3 instituts. Le corps enseignant est formé de spécialistes, de professeurs chercheurs et de conseillers administratifs et académiques, jouissant à la fois d’aptitudes élevées et d’une volonté d’engagement éthique au service de la jeunesse estudiantine. Chantier permanent de la culture, l’Usek ne cesse de se mettre au rythme de son temps par son initiation au développement durable, d’être le lieu privilégié où s’épanouit le libre exercice de la raison et l’espace communautaire où se fait l’apprentissage de la réflexion critique. Fidèle aux traditions de ses maîtres, l’Université Saint-Esprit de Kaslik a pour mission la formation des jeunes qui lui sont confiés, d’où qu’ils viennent, sans discrimination ni exclusion. En tant qu’institution nationale, elle aligne ses enseignements et ses programmes sur ceux requis officiellement par l’État libanais qui garantit les diplômes qu’elle délivre. L’Usek se propose de promouvoir une formation académique et professionnelle de qualité en réponse au vœu exprimé dans l’Exhortation apostolique post-synodale : «Il convient de former des personnes de haut niveau de qualification qui seront aptes à faire entrer leur pays dans tous les réseaux de la vie internationale, car nous constatons actuellement une mondialisation de plus en plus grande de tous les phénomènes sociaux.» Elle favorise, en outre, une formation civique qui permette aux jeunes de s’identifier à leur pays en prenant conscience de la réalité complexe de leur société et de ses principes régulateurs. Structurer et développer Pigier-Supec a lancé récemment un vaste chantier de développement: modernisation et adaptation des programmes aux besoins du marché du travail, spécialisations nouvelles, investissements en équipements pédagogiques et en locaux. Venant se rajouter à celle présente à Gemmayzé depuis 1953, trois écoles nouvelles ont été inaugurées, à Saïda, Antélias et Jbeil-Okeibeh. Pour aider les adultes et leurs entreprises, Pigier a développé ses activités de formation professionnelle continue. Le groupe a aussi renforcé ses services de placement et de recrutement de personnel de gestion. Il a fait de même au niveau du placement des étudiants. Pigier-Supec a investi dans de nouveaux locaux à Beyrouth, Gemmayzé à la rue Sursock. Les 154 ans de Pigier dans le monde et les 84 ans d’histoire de Pigier-Supec au Liban ont trouvé dans cette bâtisse du XIXe siècle un cadre propice à la poursuite du développement du groupe. Questions et enjeux Il existe beaucoup d’enjeux à long terme. Parmi ceux-ci, il y a évidemment ceux de l’apprentissage et de la formation, ceux de la nécessaire pensée critique, ceux de l’avancement des connaissances, ceux du bon discernement des voies porteuses d’avenir, car l’université est d’abord au service de la société. C’est un lieu où les personnes, jeunes et moins jeunes, viennent chercher une formation. Les adultes sont plus nombreux que jamais à franchir son seuil. L’université a été très souvent définie comme la somme des relations entre les professeurs et les étudiants. Est-ce encore vrai ? La transformation de l’éducation s’est traduite par une mutation profonde du rôle des professeurs. Autrefois, les professeurs avaient d’abord pour mission de faire avancer les connaissances et de transmettre cet idéal aux étudiants. En tant qu’intellectuels désintéressés, ils favorisaient la recherche dite fondamentale, libre des contraintes du marché. Aujourd’hui, la situation est fort différente. Bon nombre de professeurs ne sont plus à la tête de petites équipes, mais dirigent plutôt de véritables entreprises ou centres de recherche, qui comptent parfois plus de cent personnes. Autre énorme changement : au lieu de former des érudits, les professeurs doivent désormais former des gens capables de répondre aux besoins du marché. L’université étant en passe de devenir une institution d’éducation permanente, l’enjeu au cours des prochaines années sera de favoriser son ouverture et la conception de programmes à l’intention de toute personne adulte ayant besoin d’une compétence ou d’une formation universitaire. Un tel objectif est en passe d’entraîner une transition en profondeur de l’enseignement supérieur pour élargir les relations entre université et société, qui traditionnellement se concentraient sur la formation initiale de la jeune génération, mais tendent maintenant à s’étendre au cycle entier de la vie. Dossier réalisé par Joëlle MISSIR
Les universités au Liban sont de plus en plus innovatrices : elles prennent pour cible les étudiants adultes, réaménagent à leur intention les conditions d’admission, les campus, leur accordent une durée d’études prolongée, ouvrent au cœur de leur système des centres d’information et d’orientation, mettent en rapport la formation professionnelle et le marché du travail, coopèrent avec des partenaires étrangers. Pour perdurer, l’université doit désormais proposer de nouvelles formules de formation, être réceptive aux besoins de la population active et se sensibiliser aux aspirations éducatives de l’actuelle génération adulte. Le point avec quelques universités.
Aujourd’hui, les universités réadaptent et redéfinissent de nombreuses et diverses façons leurs relations avec la société civile, les...