Coupe d’Asie : incidents après la victoire du Japon sur la Chine
le 09 août 2004 à 00h00
Des incidents sans gravité ont gâché ce week-end à Pékin la finale Chine-Japon de la Coupe d’Asie remportée par les visiteurs (3-1) à l’issue d’une rencontre à haut risque chargée d’histoire.
Des centaines de spectateurs chinois ont incendié des drapeaux nippons et appelé au bocyottage des produits japonais après la victoire 3-1 des tenants du titre.
Les autorités tant chinoises que japonaises avaient pourtant exhorté au calme les supporters avant cette rencontre potentiellement explosive.
Quelque 6 000 policiers et militaires antiémeute avaient été déployés dans et aux abords du stade pékinois.
Les Chinois sont loin d’avoir oublié la très dure occupation de leur pays de 1931 à 1945 par l’armée impériale nippone, qui s’était soldée par des dizaines de millions de morts.
Des dizaines de milliers de supporters chinois ont convergé sur le Stade des travailleurs avant la rencontre, beaucoup en brandissant des drapeaux de leur pays ou jouant du tambour. Ils ont rendu inaudible par leurs sifflets et huées l’hymne national du Japon joué, comme le veut la tradition, au début de la rencontre.
Les quelque 2 000 supporters japonais qui avaient fait le déplacement avaient été placés à l’écart dans un coin du stade, séparés de leurs homologues chinois par plusieurs rangées de policiers en civil dans le but d’éviter des frictions.
Le coup de sifflet final a été accueilli par des lazzis, des cris d’insulte et des projectiles en papier tirés dans les gradins chinois.
Des centaines de supporters se sont massés devant l’entrée nord du stade pour lancer des bouteilles et toutes sortes de cris d’oiseaux.
Une plaie encore
ouverte
La foule a fini par se disperser sous l’action des forces de l’ordre. L’accès menant à l’ambassade du Japon, située dans un quartier résidentiel tranquille de l’est de la capitale, a été bouclé.
Le dispositif de sécurité a été considérablement renforcé devant la résidence de l’ambassadeur du Japon et aux abords de l’hôtel où étaient descendues les équipes.
Avant le match, de petits groupes de Chinois avaient scandé des propos hostiles aux Japonais et brandi des banderoles frappées de slogans politiques.
Sur l’un des calicots arborés par les supporteurs chinois, on pouvait lire : « Abattez l’épée sur la tête du démon (NDLR : surnom donné à l’armée chinoise au temps de l’occupation) et mettez notre tête à la place. » Un groupe de Chinois s’était rassemblé autour d’un orateur criant « mort aux Japonais ».
Une quarantaine de personnes portant l’uniforme gris des forces antijaponaises actives en Chine dans les années 1930 et 1940 ont brandi des morceaux de papier où l’on pouvait lire entre autres messages « 300 000 », référence au nombre de personnes tuées selon la Chine par les forces japonaises lors du massacre de Nanjing, en 1937.
Avant le match, les médias officiels avaient pourtant exhorté les spectateurs à dissocier sport et politique à l’approche de cette finale. Plusieurs rencontres sportives entre les deux pays ont vu des supporteurs chinois huer des joueurs japonais et lancer des ordures sur le terrain.
Un homme de 35 ans se présentant comme un « éducateur patriote » a déclaré qu’il était important que les Japonais n’oublient pas l’histoire.
« Nous constatons que leur fascisme d’antan commence un peu à refaire surface. Ils envoient par exemple des troupes à l’étranger », a-t-il dit.
Yuichiro Aoki, un étudiant japonais au visage peint en bleu et rouge – les couleurs de son équipe – a avoué être un peu intimidé. « Mais il y a beaucoup de policiers, 10 000 peut-être, donc on est en sécurité », a-t-il dit.
Des incidents sans gravité ont gâché ce week-end à Pékin la finale Chine-Japon de la Coupe d’Asie remportée par les visiteurs (3-1) à l’issue d’une rencontre à haut risque chargée d’histoire.
Des centaines de spectateurs chinois ont incendié des drapeaux nippons et appelé au bocyottage des produits japonais après la victoire 3-1 des tenants du titre.
Les autorités tant chinoises que japonaises avaient pourtant exhorté au calme les supporters avant cette rencontre potentiellement explosive.
Quelque 6 000 policiers et militaires antiémeute avaient été déployés dans et aux abords du stade pékinois.
Les Chinois sont loin d’avoir oublié la très dure occupation de leur pays de 1931 à 1945 par l’armée impériale nippone, qui s’était soldée par des dizaines de millions de morts.
Des dizaines de...
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