La Banque centrale européenne devrait laisser ses taux inchangés hier, alors que la flambée du pétrole et la petite accélération de la reprise en zone euro sont autant de « devoirs de vacances » pour l’institut monétaire, selon les analystes.
La réunion mensuelle de politique monétaire du conseil des gouverneurs se tiendra exceptionnellement par téléphone, pause estivale oblige, et le président de l’institut Jean-Claude Trichet ne donnera pas cette fois son habituelle conférence de presse.
Les 32 économistes interrogés tablent sur un maintien du taux directeur à 2 %, niveau auquel il est fixé depuis juin 2003.
Et la quasi-totalité estime que le prochain mouvement de la BCE sera une hausse du loyer de l’argent, au plus tôt en fin d’année mais plus vraisemblablement en 2005.
Les dirigeants de l’institut de Francfort ont signalé à plusieurs reprises qu’ils prendront tout leur temps avant d’imiter leurs collègues américains, britanniques ou australiens, qui ont enclenché le durcissement monétaire.
« Nous ne voyons pas de hausse des taux pour l’instant », a récemment dit le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Guy Quaden, en estimant qu’à l’inverse un assouplissement était « devenu très improbable ».
« Le cap de notre politique monétaire est clair : on continue comme cela », a affirmé de son côté le président de la Bundesbank, Axel Weber.
En ce qui concerne la conjoncture, « les dernières enquêtes d’activité témoignent d’une amélioration de la croissance européenne », juge Nordine Naam, économiste de CDC Ixis.
L’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier dans la zone euro (PMI) a grimpé en juillet, selon des statistiques publiées lundi.
Même l’Allemagne, première économie de la zone euro, semble enfin retrouver des couleurs comme en témoigne la hausse plus forte que prévu en juillet de l’indice Ifo sur le climat des affaires.
Ce léger renforcement de la reprise pourrait bientôt avoir quelques effets sur l’inflation, la bête noire de la BCE, jugent certains économistes.
Et de rappeler notamment l’accélération en juin de la croissance des prêts au secteur privé en zone euro, un indicateur-clef pour mesurer l’état de la demande intérieure et pour déceler une éventuelle surchauffe.
Ce phénomène n’est toutefois « pas encore préoccupant » selon Lorenzo Codogno, pour qui « le plus inquiétant reste le prix du pétrole ». Le Brent a ouvert hier à Londres à son plus haut depuis octobre 90.
Cette flambée de l’or noir nourrit l’inflation en zone euro : elle s’est établie en juillet à 2,4 % sur un an, au même niveau qu’en juin. Et bien au-dessus du seuil maximal de 2 % toléré par la BCE.
Les gardiens de l’euro devraient donc redoubler de vigilance sur l’apparition de possibles effets de second tour, c’est-à-dire de contagion de la hausse des prix pétroliers au reste de l’économie via des revalorisations salariales.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Banque centrale européenne devrait laisser ses taux inchangés hier, alors que la flambée du pétrole et la petite accélération de la reprise en zone euro sont autant de « devoirs de vacances » pour l’institut monétaire, selon les analystes.
La réunion mensuelle de politique monétaire du conseil des gouverneurs se tiendra exceptionnellement par téléphone, pause estivale oblige, et le président de l’institut Jean-Claude Trichet ne donnera pas cette fois son habituelle conférence de presse.
Les 32 économistes interrogés tablent sur un maintien du taux directeur à 2 %, niveau auquel il est fixé depuis juin 2003.
Et la quasi-totalité estime que le prochain mouvement de la BCE sera une hausse du loyer de l’argent, au plus tôt en fin d’année mais plus vraisemblablement en 2005.
Les dirigeants de...