C’était avant-hier, dimanche 25 juillet, à Bosra en Syrie, en collaboration avec les ministères italien et syrien de la Culture, que Riccardo Muti dirigeait à la fois l’Orchestre philharmonique et le Chœur de la Scala de Milan ainsi que l’Orchestre symphonique national syrien. L’entrée était gratuite dans ce magique amphithéâtre restauré, à l’acoustique unique, plein à craquer, avec même des gens debout dans cet endroit pouvant accueillir 6000 places assises.
Muti est un maestro virtuose, exubérant, qui joue avec délectation et gourmandise des possibilités de sa phalange orchestrale. Dans ces conditions, quoi de plus flatteur que les fameux poèmes symphoniques romains, dont les Pins de Rome d’Ottorino Respighi. Leur orchestration surchargée est un prétexte à une formidable démonstration sans complexe du chef et de son orchestre, véritable festival de rythmes, de timbres et de couleurs. Difficile dès lors de résister à un pareil tourbillon, ou de faire la fine bouche devant une telle débauche d’énergie et de joie de vivre.
En deuxième partie, quelques pages d’extraits de Norma de Bellini avec Tatiana Serjan, Giuseppe Gippali et Ildebrando D’Arcangelo.
Que Norma soit un des grands chefs-d’œuvre du romantisme italien fait peu de doute.
Les représentations «live» sont rares, où que cela soit, faute de cantatrices possédant l’ensemble des qualités vocales, musicales, techniques et dramatiques susceptibles de rendre justice au rôle le plus écrasant du répertoire du bel canto.
La voix, la musicalité et l’expression sont autant de qualités que l’on ne saurait dénier à Tatiana Serjan dans le rôle titre. Pour les amateurs du beau chant, c’est admirablement fait. Mais le timbre est trop clair pour Norma, qui exige plus de lyrisme. Il est vrai que quand on conserve Casta Diva de Callas dans l’oreille, on devient exigeant. Quant au ténor et au baryton, ils l’accompagnaient correctement en duo ou en trio, parfois avec le chœur qui, pour sa part, était une attraction à lui seul.
Si la vitalité et l’énergie de Riccardo Muti conviennent bien à la musique de Respighi, elles apparaissent, ici, un peu en marge du style si particulier de la musique de Bellini. Cependant, l’ouverture était captivante de beauté, tant le maestro à su mettre en valeur la somptuosité de la palette orchestrale.
Une nuit où Muti officiait en grand prêtre. Une soirée qui valait la peine du déplacement, ne fusse que pour le site, et qui a attiré de nombreux spectateurs libanais.
Joe René Letayf
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’était avant-hier, dimanche 25 juillet, à Bosra en Syrie, en collaboration avec les ministères italien et syrien de la Culture, que Riccardo Muti dirigeait à la fois l’Orchestre philharmonique et le Chœur de la Scala de Milan ainsi que l’Orchestre symphonique national syrien. L’entrée était gratuite dans ce magique amphithéâtre restauré, à l’acoustique unique, plein à craquer, avec même des gens debout dans cet endroit pouvant accueillir 6000 places assises.
Muti est un maestro virtuose, exubérant, qui joue avec délectation et gourmandise des possibilités de sa phalange orchestrale. Dans ces conditions, quoi de plus flatteur que les fameux poèmes symphoniques romains, dont les Pins de Rome d’Ottorino Respighi. Leur orchestration surchargée est un prétexte à une formidable démonstration sans complexe du...