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Risque de conflit interchiite ouvert en Irak

Par Sam DAGHER (AFP) Le bras de fer entre le chef radical Moqtada Sadr et la coalition a révélé au grand jour des divergences au sein de la communauté chiite et accentué le risque d’un conflit interne, qui risque de dégénérer en confrontation armée. Les accrochages, début avril, entre l’Armée du mehdi, la milice de Moqtada Sadr, et les forces de la coalition ont inquiété de nombreux chefs chiites qui craignent un bain de sang pour des résultats bien minces alors que les chiites majoritaires sont à la porte du pouvoir. « Elle (l’armée du mehdi) veut résister à l’occupation, mais nous ne voyons pas l’intérêt d’une confrontation avec les Américains », estime ainsi Abou Hassan el-Ameri, chef de la Brigade Badr du Conseil supérieur de la révolution islamique en Irak (CSRII) de Abdel Aziz Hakim, autre grande formation chiite. Il y a trois semaines, Moqtada Sadr a fait monter les enchères en se réfugiant près du mausolée de l’imam Ali, l’un des lieux les plus sacrés des chiites, dans l’intention de forcer la main à la Marjaiya, la haute autorité religieuse, pour qu’elle appelle au jihad si les Américains décidaient d’entrer dans la ville. Même si l’Armée du mehdi s’est retirée de la majorité des édifices publics occupés lors des affrontements et laissé la police reprendre ses rondes dans les villes chiites, elle a regroupé ses forces à Najaf pour en faire son fief. Ceci a profondément irrité la Marjaiya, qui n’a toutefois pas réagi de crainte qu’une opposition ouverte à Moqtada Sadr ne mette le feu aux poudres. « Parfois, il vaut mieux ne pas réagir à une situation mauvaise pour ne pas la compliquer », a déclaré un religieux proche de la Marjaiya. La Brigade Badr considère qu’il est de son devoir, dans les circonstances actuelles, de protéger les mausolées de l’imam Ali à Najaf, et des imams Hussein et Abbas à Kerbala. M. Ameri a affirmé que ses forces « coordonnaient avec l’armée du mehdi pour assurer la sécurité des mausolées et éviter des accrochages armés avec elle ». Mais ce pacte est mis à rude épreuve sur le terrain. Le chef de la Brigade de Badr a de fait refusé de commenter un incident armé interchiite, mais estimé que « certains extrémistes de l’Armée du mehdi avaient provoqué ses hommes à Koufa début avril ». « Un affrontement interchiite serait une grave erreur et n’est dans l’intérêt de personne », a-t-il souligné. Par ailleurs, tous les membres chiites du Conseil de gouvernement, nommés par la coalition, et la Marjaiya, dont le grand ayatollah Ali Sistani, sont opposés à un affrontement avec les Américains. Le commandement américain insiste en effet pour que Moqtada Sadr se rende à la justice pour répondre de complicité d’assassinat d’un responsable religieux rival. « L’Irakien est détruit moralement après 35 ans de dictature de Saddam Hussein, et vous ne pouvez pas lui demander de lancer le jihad maintenant », a affirmé un responsable religieux, qui ne veut pas être identifié. Publiquement, Moqtada Sadr affirme être à la disposition de la Marjaiya et se soumettre à ses ordres, alors que la haute autorité religieuse veut une solution pacifique à cette affaire et le respect des lieux saints. Mais le risque d’un élargissement des fissures dans les rangs chiites est là tant que perdure le bras de fer entre Moqtada Sadr et la coalition. « Les vieilles blessures risquent de se rouvrir », dit un religieux de Najaf. Beaucoup de partisans de Sadr reprochent en effet aux religieux chiites leur silence pendant le combat de Mohammed Sadeq Sadr, le père de Moqtada Sadr, contre Saddam Hussein qui a conduit à son assassinat en 1999, selon ce religieux. Un des responsables du mouvement Sadr à Bagdad a également admis le risque d’affrontements entre l’Armée du mehdi et la Brigade Badr « spécialement si la vieille inimitié entre Arabes et Perses se fait jour ». La Brigade Badr a été entraînée en Iran alors que Moqtada Sadr recrute ses miliciens en Irak.
Par Sam DAGHER (AFP)
Le bras de fer entre le chef radical Moqtada Sadr et la coalition a révélé au grand jour des divergences au sein de la communauté chiite et accentué le risque d’un conflit interne, qui risque de dégénérer en confrontation armée.
Les accrochages, début avril, entre l’Armée du mehdi, la milice de Moqtada Sadr, et les forces de la coalition ont inquiété de nombreux chefs chiites qui craignent un bain de sang pour des résultats bien minces alors que les chiites majoritaires sont à la porte du pouvoir. « Elle (l’armée du mehdi) veut résister à l’occupation, mais nous ne voyons pas l’intérêt d’une confrontation avec les Américains », estime ainsi Abou Hassan el-Ameri, chef de la Brigade Badr du Conseil supérieur de la révolution islamique en Irak (CSRII) de Abdel Aziz Hakim, autre...