La Russe Maria Sharapova (n° 13) a remporté la finale du simple dames du 118e tournoi de tennis sur gazon de Wimbledon en déboulonnant triomphalement l’Américaine Serena Williams (n° 1), tenante du titre depuis deux ans, 6-1, 6-4 en 73 minutes, samedi.
Bien qu’ayant très peu joué depuis le début de la saison, la championne sortante lui a donné une grande réplique en parvenant à serrer efficacement son jeu. Elle n’a notamment commis que 10 fautes directes pour 14 points gagnants, le plus souvent en voulant forcer violemment ses coups.
À 17 ans et 2 mois, Sharapova est devenue la deuxième plus jeune gagnante de Wimbledon après la Suissesse Martina Hingis, victorieuse en 1997 à 16 ans et 9 mois. Nullement impressionnée par l’événement, la jeune Russe s’est affirmée dans le premier set en s’emparant résolument, insigne exploit, deux fois du service de son adversaire pour mener 3-1 puis 5-1.
Dans l’affaire, ses tendres nerfs s’étaient avérés plus solides que ceux de sa coriace aînée. Cela allait devenir patent dans le deuxième set au cours duquel, obtenant enfin sa première balle de break, Serena, haussant le ton, prit son service pour mener 4-2.
Ici, le match aurait pu basculer. Or, sans se laisser démonter, la petite Maria rétablit aussitôt l’équilibre à 4-3 puis 4-4 sur son service. Arriva alors le neuvième jeu, qui fut une terrible et magnifique épreuve de force, au cours de laquelle on compta quatre égalités, et Serena sauva trois balles de break avant de capituler à la quatrième.
Elle servit, Sharapova retourna. Alors, elle glissa et, déséquilibrée, mit la balle dehors d’un coup droit maladroit. Devant cette image d’une championne déchue, son euphorique et impertinente rivale ne pouvait plus perdre.
Le baiser qu’elle donna à cette splendide gagnante la montra bonne perdante. Quant à Sharapova, qui fut bien près de se rompre le cou en montant embrasser son père Youri dans les gradins, elle ne cessa de proclamer qu’elle n’y croyait toujours pas en serrant le plateau de sa victoire contre son cœur.
« Merci de m’avoir rendu le match difficile », devait-elle déclarer en embrassant son trophée et en souriant à n’en plus finir.
Quatrième Russe ayant accédé à la finale d’un tournoi du grand chelem depuis 1974, elle est la deuxième à en gagner un, un mois après la victoire d’Anastasia Myskina à Roland-Garros.
Depuis l’ouverture au professionnalisme, en 1968, c’est aussi la 32e gagnante différente d’au moins un tournoi du grand chelem.
Cette victoire lui vaudra de passer de la 15e place du classement mondial à la 8e aujourd’hui. Elle lui rapporte 560 500 livres (834 000 EUR), contre 280 250 livres (417 000 EUR) pour Serena Williams, dont la sœur, Venus (n° 3), finaliste l’an dernier contre elle, avait disparu dès le deuxième tour.
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