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Chamoun : « Damas cherche à créer la Grande Syrie »

Le chef du Parti national libéral (PNL), Dory Chamoun, a affirmé hier qu’« il n’était pas nécessaire de proroger ou de reconduire ni le mandat du président de la République ni la politique de la militarisation du régime dont nous sommes témoins tous les jours et qui est inacceptable ». Dans un entretien accordé à la LBCI, dans le cadre de l’émission animée par le journaliste Walid Abboud, M. Chamoun a estimé qu’« il y a actuellement une tentative de syrianiser le Liban » et que « le régime de Damas cherche à créer la Grande Syrie ». Concernant la présidentielle, le chef du PNL a soutenu que l’amendement de l’article 49 était anticonstitutionnel, estimant que le président de la République, le général Émile Lahoud, « n’a pas respecté les engagements de son discours d’investiture ». « Au contraire, il y a un recul sur le plan juridique. C’est pourquoi j’estime qu’il n’est pas nécessaire de proroger ou de reconduire le mandat du chef de l’État (...), d’autant que ce régime entre dans le cadre d’un processus syrien visant à syrianiser le Liban d’une manière ou d’une autre », a-t-il souligné. Évoquant le brouillard libano-syrien sur la question de la libanité des fermes de Chébaa, M. Chamoun a poursuivi : « La Syrie cherche à syrianiser le Liban pour que, un jour ou l’autre, celui-ci fasse partie de la Grande Syrie. Il n’y a pas de doute : le régime syrien œuvre pour la création de la Grande Syrie. » Estimant qu’« il y a actuellement une tentative sérieuse interne de reconduire le mandat », le chef du PNL a critiqué certains leaders musulmans qui tiennent en privé le même discours que les opposants chrétiens sans oser prendre position en public. « Nous voulons qu’ils participent publiquement. On nous accuse de réclamer la souveraineté et l’indépendance uniquement pour les chrétiens du Liban. Or il est nécessaire pour nous tous de nous entendre ensemble sur un processus de salut. Le pays, tel qu’il est à présent, est atteint d’un cancer. Je souhaite que les leaders musulmans disent “ non ” à la Syrie, qui, à travers son hégémonie, a mené le pays là où il est actuellement. La présence syrienne est responsable de l’état dans lequel nous sommes », a-t-il affirmé. Dory Chamoun a par ailleurs révélé qu’il s’était porté candidat par écrit, « juste pour l’expérience », à la présidentielle de 1998, « mais que la Chambre n’avait même pas osé prendre acte de sa candidature ». « Je l’ai fait pour tenter l’expérience, pour savoir quelle serait la réaction, et cette dernière a été à la mesure de mes attentes », a-t-il indiqué, précisant que, depuis, « rien n’a changé ». « C’est pourquoi je ne me porte pas candidat. Si je le fais, par l’intermédiaire des journaux ou par écrit, je ne vois pas comment ce Parlement, qui est dominé par la Syrie, pourrait élire Dory Chamoun, dont le premier chapitre du programme est l’appel au retrait syrien du Liban », a-t-il dit. Estimant qu’aucun président ne peut être élu dans les circonstances actuelles sans être « asservi à la Syrie », M. Chamoun a appelé à la libération des détenus libanais dans les geôles syriennes. Concernant enfin l’absence du PNL au séminaire de Notre-Dame de la Montagne, dans le cadre duquel des dirigeants chrétiens et musulmans ont discuté de l’Appel de Beyrouth, il a indiqué : « J’ai tenu plusieurs rencontres de ce genre. Toutes donnent l’impression que nous agissons de manière à ne pas embarrasser nos frères musulmans. On donne tout le temps des excuses, et le problème demeure. Les leaders politiques doivent résoudre les problèmes publiquement. À mon avis, nos frères musulmans doivent faire un pas en direction de la politique souverainiste libanaise à laquelle nous aimerions aboutir. »

Le chef du Parti national libéral (PNL), Dory Chamoun, a affirmé hier qu’« il n’était pas nécessaire de proroger ou de reconduire ni le mandat du président de la République ni la politique de la militarisation du régime dont nous sommes témoins tous les jours et qui est inacceptable ».
Dans un entretien accordé à la LBCI, dans le cadre de l’émission animée par le journaliste Walid Abboud, M. Chamoun a estimé qu’« il y a actuellement une tentative de syrianiser le Liban » et que « le régime de Damas cherche à créer la Grande Syrie ». Concernant la présidentielle, le chef du PNL a soutenu que l’amendement de l’article 49 était anticonstitutionnel, estimant que le président de la République, le général Émile Lahoud, « n’a pas respecté les engagements de son discours d’investiture ». « Au...