À l’issue de la conférence de presse des présidents Bush et Chirac à Paris, et la proclamation solennelle de leur souhait que le Liban recouvre sa liberté, son indépendance et sa souveraineté, je lance cet appel afin que s’ouvrent les portes, les esprits et les cœurs !
Au début du siècle dernier, plus exactement après la Première Guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne entreprirent de remodeler la région du Moyen-Orient. Je passe sur les détails, ce serait long et répétitif.
Dans les années 20, le prince Malik Cambar de Varda (personnage méconnu pour la plupart, héros pour beaucoup d’autres), accablé par tous les massacres qui avaient visé les assyriens du nord de l’Irak par les Kurdes, ce qui avait entraîné leur exode massif vers les pays limitrophes et ensuite partout dans le monde), fut proclamé représentant des assyro-chaldéens. Il devint ainsi le représentant d’un peuple déchiré, massacré et chassé de sa terre, cette terre qui fut pour des millénaires le berceau de l’humanité et de la plus grande civilisation du monde, mère des guerriers, des magiciens, celle qui fut l’Éden et les Jardins suspendus.
Il combattit avec force conviction ses idées et s’en alla frapper à toutes les portes des puissances mondiales. Son combat et son courage le menèrent jusqu’aux États-Unis, en passant par la Société des nations et le Saint-Siège. Il n’eut de cesse d’enchaîner discours sur réunions, voyages sur conférences.
Promesse lui fut faite par la France, après qu’il eût formé le Bataillon des assyro-chaldéens au sein de l’armée française, de l’aider à recouvrer l’indépendance sur une parcelle de cette Assyrie pour laquelle il avait combattu, lutté et sacrifié toute sa vie durant. Il croyait à la justice, aux droits des peuples, à la liberté.
En vain il attendit, espéra, pour en arriver à la triste réalité, amère et insoutenable, mais ô combien réelle : toutes les nations réunies avaient promis, et toutes avaient menti. Adieu la terre, adieu le pays, adieu le rêve ! Et le peuple, aujourd’hui déraciné, dispersé aux quatre coins du monde, est à la recherche, en vain, d’une identité perdue.
Ce glorieux combattant en quête insatiable de liberté et de justice n’était autre que mon grand-père. De mes aïeux et mes ancêtres, ne restent que les récits dans les livres d’histoire, les taureaux ailés dans les musées du monde entier, des noms de rois gravés à jamais sur des tablettes d’argile et dans les mémoires des générations, et reste aussi la magie, la splendeur, la sagesse et la gloire de temps à jamais révolus.
Déracinée, oui ! Car c’est au Liban que Cambar de Varda s’enracina pour la seconde fois, c’est le Liban qu’il aima après son Assyrie, c’est le Liban qu’il choisit pour continuer sa lutte et pour vivre avec sa famille. Déracinée, oui, je le suis, car aujourd’hui, de la France où je vis, ironie du sort, je lance un cri d’alarme, de larmes, du cœur, à qui voudrait l’entendre : Ne nous déracinez plus. Pas du Liban !
Aujourd’hui, forte de son nom que je porte, fière de son combat noble et de ses sacrifices immenses, déracinée, oui, mais surtout tributaire d’un passé glorieux et fantastique, d’une histoire vraie et riche, d’un savoir immense, je mène mon combat, de là où je suis, de partout, de toutes mes forces, de toute mon âme, auprès de ceux qui luttent pour un Liban libre, indépendant et souverain, et que Dieu nous exauce.
« Un vent de liberté souffle », une tempête serait la bienvenue, mon pays est au bord gouffre. Une odeur de gloire se répand, « elle brûle comme le soufre », je préfère, mon Liban en a soif.
Les présidents, encore (!) confèrent, décident, proclament... leurs souhaits respectifs, leurs promesses, encore ? L’illusion ? Le mirage ? Disent-ils vrai ? Espérance, quand tu nous tiens !
Les promesses ! Nous en avons connu de toutes les dimensions, de toutes les couleurs, de toute part... Serait-il venu le temps enfin de les tenir ?
Suzanne Cambar Sargon DE VARDA - Paris
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Au début du siècle dernier, plus exactement après la Première Guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne entreprirent de remodeler la région du Moyen-Orient. Je passe sur les détails, ce serait long et répétitif.
Dans les années 20, le prince Malik Cambar de Varda (personnage méconnu pour la plupart, héros pour beaucoup d’autres), accablé par tous les massacres qui avaient visé les assyriens du nord de l’Irak par les Kurdes, ce qui avait entraîné leur exode massif vers les pays limitrophes et ensuite partout dans le monde), fut...