Toutes mes félicitations au rédacteur de l’article « Blanc-bleu, le seul pétrole du Liban » (malheureusement sans signature). Je suis très souvent au Liban que j’ai redécouvert après la guerre et qui est devenu, en quelque sorte, ma deuxième patrie.
Pourquoi est-ce que, en Europe et ailleurs, le commun des mortels ignore encore que le pays est sûr (je me sens bien plus en sécurité à Beyrouth que dans certaines villes de Suisse)? Pourquoi est-ce que le gouvernement ne combat pas, par tous les moyens, l’idée encore largement répandue que le Liban est toujours en guerre, alors que les vrais problèmes se situent exclusivement au Liban-Sud ? Lorsque je dis que j’ai un appartement à Beyrouth, 9 personnes sur 10 veulent savoir, au choix : Est-ce que j’ai un abri antibombes dans mon immeuble ? Est-ce que ce n’est pas fatigant de se promener en permanence avec une kalachnikov sous le bras ? Est-ce que les ruines de cette ville dévastée ne me dépriment pas trop ? ou mieux encore : Est-ce que je dois me déplacer en 4x4 entre les gravats de ce pays en ruine ? Finalement, je leur semble être un véritable rescapé puisque, depuis 2 ans, je suis en moyenne une fois par mois à Beyrouth et que je suis toujours en vie...
Comment se fait-il que le gouvernement n’investit pas un maximum dans la publicité ? Comme vous le dites : ski et plage. Mais aussi Baalbeck, Byblos, Beiteddine, Tyr, Sidon, etc. En un mot, des trésors pour lesquels tous les pays du monde se prostitueraient afin de pouvoir les proposer à leurs visiteurs. Tout ça sur 10 000 kilomètres carrés (donc 150 minutes de voiture au maximum pour aller de Beyrouth au point le plus éloigné du pays). En plus, vous proposez une nourriture parmi les meilleures et les plus saines au monde. Tout ça représente un rêve qu’aucun office du tourisme au monde n’a le privilège de pouvoir offrir. Aucun (je sais de quoi je parle, je vends des voyages depuis 36 ans). Comment se fait-il que, lorsque j’ai organisé un voyage d’études pour 14 agents de voyages au mois de mai 2003, MEA Genève n’est même pas entrée en matière sur une éventuelle gratuité des billets d’avion (ce que n’importe quelle autre compagnie nationale fait lorsqu’on parle d’«Eductours »). Il s’agissait pourtant exclusivement de directeurs, de directrices ou même de propriétaires d’agences de voyages. Des gens sérieux et motivés qui ont donc été tenus de régler leurs billets d’avion avec la réduction ordinaire accordée à n’importe quel agent de voyages. Réduction qui n’avait, de loin, rien à voir avec la gratuité toujours offerte par les autres compagnies dans un tel cas... Par opposition, la Tunisie que nous vendons à tour de bras n’a à offrir que du désert, quelques sites historiques de 2e choix et une nourriture que, pour mon compte, je préfère éviter. Mais la Tunisie a des plages. Donc le peu qu’ils ont à offrir a été exploité au maximum. Hôtel d’un excellent rapport qualité-prix à partir de 3 étoiles, de la thalassothérapie partout ou presque, une publicité jamais abandonnée et des voyages d’études en veux-tu en voilà, alors qu’au fond, ils ne seraient même plus nécessaires. Le tourisme en Tunisie a littéralement explosé.
Le Liban est à 4h15 de l’Europe ? Soit. Comme je l’explique à mes clients : lorsque qu’on est assis dans un avion, que ce soit pour 2h30 (Tunisie) ou 4h15 (Liban), la différence est négligeable. Sans compter qu’en ce qui concerne les prestations à bord des avions de la MEA, au contraire de ses bureaux au sol, sont excellentes. Je me rends compte que ce qui ne devait qu’être un message de félicitations a tourné en exutoire, en cri du cœur, et je vous prie de m’excuser.
Merci de m’avoir lu (si vous êtes arrivé au terme de mes jérémiades qui ne sont dues qu’à mon amour pour le Liban), et meilleurs messages.
Michel EINDIGUER
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