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Actualités - Chronologie

Présidentielle US « L’épouvantail » Nader fait peur aux démocrates

L’entrée dans la course à la Maison-Blanche du candidat indépendant Ralph Nader inquiète les démocrates qui craignent que leur bête noire ne leur fasse perdre des voix face au président républicain sortant George W. Bush en novembre. Les démocrates accusent en effet cet infatigable défenseur des consommateurs américains et « écolo » de la première heure d’avoir contribué à la défaite d’Al Gore contre l’actuel président, en 2000, en détournant des suffrages indispensables à une victoire contre les républicains. Depuis l’annonce dimanche de sa candidature, Ralph Nader, 70 ans dans quelques jours, est la cible d’un véritable tir de barrage de démocrates qui ne cachent pas leur irritation. « George W. Bush est littéralement un vrai désastre. Nous ne pouvons pas nous permettre que des votes soient dispersés vers d’autres » candidats, a déclaré le secrétaire général du Parti démocrate, Terry McAuliffe, hier sur CNN, en espérant que M. Nader n’aura pas le même impact qu’en 2000. M. Nader n’avait alors rassemblé que 2,7 % des votes, une perte sèche pour les démocrates, selon M. McAuliffe, dans des États comme le New Hampshire, le Nouveau Mexique et surtout la Floride, remportés de justesse par M. Bush. Le favori dans la course à l’investiture démocrate, le sénateur du Massachusetts John Kerry, 60 ans, a appelé dès dimanche les électeurs à la raison. « Je m’adresse à tous les Américains. Si des gens veulent réellement battre George W. Bush et comprennent ce qui est en jeu, ils verront que je suis celui qui apporte des réponses aux inquiétudes que Ralph Nader et d’autres peuvent avoir », a-t-il déclaré à des journalistes. Son principal rival, dans le camp démocrate, le sénateur de la Caroline du Nord, John Edwards, a pour sa part estimé « important pour les démocrates que leur candidat puisse attirer quelques-uns des électeurs que Ralph Nader est en mesure d’appâter ». « Je ne crois pas que cela va être perçu comme une aide au président Bush », s’est défendu hier M. Nader dans une conférence de presse. « Contrairement à l’imagerie populaire, même en 2000, et cela va être encore plus net cette fois (en 2004), 25 % des votes sont venus de l’électorat de Bush, 38 % en provenance de celui de (Al) Gore et le reste était des indécis », a-t-il expliqué. L’objectif, a-t-il ajouté, est de « casser » le monopole des deux partis dans la course à la présidence et de libérer « Washington, territoire occupé des grosses corporations ». Le camp Bush, qui se prépare activement à lancer dans les prochains jours une offensive contre John Kerry, n’a pas réagi à la décision de Ralph Nader, se contentant de dire que M. Bush remporterait l’élection de novembre quel que soit son opposant. Les commentateurs politiques estiment cependant que le risque posé par M. Nader sur le candidat qui sera désigné fin juillet à Boston (Massachusets) lors de la convention démocrate est relativement réduit. « Ralph Nader est tellement perçu comme une menace risquant de compromettre les chances des démocrates de battre le président Bush, que son influence politique pourrait s’avérer moindre qu’en 2000 », écrit hier le quotidien USA Today. Selon le politologue Charles Jones, de l’Université du Wisconsin, M. Nader se trouve même « en moins bonne position que la dernière fois, simplement parce que cette fois il se présente comme indépendant » et non comme candidat du parti des Verts américains. « Nader est un contradicteur authentique, explique M. Jones, il n’a jamais cherché à remporter un concours de popularité. Et c’est ce qui le rend irritant pour d’autres candidats. »
L’entrée dans la course à la Maison-Blanche du candidat indépendant Ralph Nader inquiète les démocrates qui craignent que leur bête noire ne leur fasse perdre des voix face au président républicain sortant George W. Bush en novembre.
Les démocrates accusent en effet cet infatigable défenseur des consommateurs américains et « écolo » de la première heure d’avoir contribué à la défaite d’Al Gore contre l’actuel président, en 2000, en détournant des suffrages indispensables à une victoire contre les républicains.
Depuis l’annonce dimanche de sa candidature, Ralph Nader, 70 ans dans quelques jours, est la cible d’un véritable tir de barrage de démocrates qui ne cachent pas leur irritation.
« George W. Bush est littéralement un vrai désastre. Nous ne pouvons pas nous permettre que des votes soient...