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Actualités - Opinion

PLAIDOYER Le chant des rapaces

Une délégation officielle présidée par le ministre syrien de la Santé, dépêchée par le président Assad en personne au chevet de Wadih el-Safi, malade, voilà une initiative qui interpelle jusqu’au plus petit Libanais. Une visite, et une enveloppe en guise de cadeau qui n’a trompé aucun de ceux qui, ce jour-là, étaient devant leur petit écran. La leçon est sévère pour l’État de droit chanté en chœur par les responsables libanais, qui dédaignent et délaissent leurs grands, les vrais. Et l’humiliation est nationale. Ce geste fort, chargé de symboles, venu d’un pays qui sait reconnaître et honorer un chanteur devenu la fierté de la région entière, fait des vagues et remet sur le tapis, une fois de plus, le statut des artistes au Liban, toutes catégories confondues. Ces chanteurs, acteurs, metteurs en scène, cinéastes, poètes, écrivains, peintres ou sculpteurs qui vivent dans l’insécurité pendant l’exercice de leur art et dans la misère lorsqu’ils ne peuvent plus le pratiquer. Parce que l’État les ignore totalement et s’inscrit, pour eux, aux abonnés absents. Pourtant ils ont été et sont encore, chacun dans son registre, les porte-drapeaux, promoteurs et ambassadeurs, ô combien efficaces, de ce Liban que certains officiels représentent souvent si mal, sinon honteusement. Ils ont animé l’âge d’or du pays, participent aujourd’hui à sa reconstruction, le font connaître et aimer à travers le monde, le portent aux nues par leurs œuvres, leurs mélodies, leurs voix, leurs créations. Mais l’État se veut toujours aux abonnés absents. Lorsque, devenus de véritables institutions reconnues internationalement, adulées par les pays qui les invitent à s’y produire, ils ne demandent qu’un soutien pour se maintenir, l’État campe aux abonnés absents. Et enfin lorsqu’ils meurent pauvres et oubliés, cet État se doit, au moins, de leur rendre un dernier hommage. Mais il est plus que jamais « pétrifié » aux abonnés absents. En attendant, l’État des politiciens et des fonctionnaires est, lui, présent en force sur tous les fronts. Il reconnaît les siens pour que vivent les rapaces. Ces stars d’un autre genre. Maria CHAKHTOURA
Une délégation officielle présidée par le ministre syrien de la Santé, dépêchée par le président Assad en personne au chevet de Wadih el-Safi, malade, voilà une initiative qui interpelle jusqu’au plus petit Libanais. Une visite, et une enveloppe en guise de cadeau qui n’a trompé aucun de ceux qui, ce jour-là, étaient devant leur petit écran.
La leçon est sévère pour l’État de droit chanté en chœur par les responsables libanais, qui dédaignent et délaissent leurs grands, les vrais. Et l’humiliation est nationale.
Ce geste fort, chargé de symboles, venu d’un pays qui sait reconnaître et honorer un chanteur devenu la fierté de la région entière, fait des vagues et remet sur le tapis, une fois de plus, le statut des artistes au Liban, toutes catégories confondues. Ces chanteurs, acteurs, metteurs en...