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Actualités - Opinion

Multiples interrogations concernant l’avenir du Hezbollah sur la scène interne

Les négociations entre l’État hébreu et le Hezbollah, par l’intermédiaire de l’Allemagne, ont débouché sur un accord réalisé en deux phases : sitôt achevée la première qui se déroule aujourd’hui, la seconde étape doit porter dans les semaines qui viennent sur la libération du doyen des prisonniers libanais en Israël, Samir Kantar, et de plusieurs symboles palestiniens détenus dans les geôles de l’État hébreu. En contrepartie, le Hezbollah s’est engagé à livrer des informations sur l’aviateur israélien Ron Arad et à remettre celui-ci à Tel-Aviv. La libération des détenus libanais en Israël marque une nouvelle étape dans le conflit israélo-arabe, qui pourrait consacrer les opportunités de règlement et relancer les négociations sur tous les volets pour accélérer la réalisation d’une paix régionale. L’Iran et la Syrie ont joué un rôle fondamental dans le processus d’échange des prisonniers, dans la mesure où ils ont progressivement aboli tous les obstacles qui empêchaient l’aboutissement des négociations. Les deux pays auraient incité les dirigeants du Hezbollah à se montrer coopératifs et à assouplir leur position. Dès lors, selon certains responsables, l’opération ne serait que la traduction de la politique d’ouverture de Washington en direction de Damas et de Téhéran, deux acteurs jugés indispensables par les chancelleries étrangères à l’aboutissement de tout processus de paix dans la région. Par ailleurs, certains hommes politiques se posent des questions quant au rôle du Hezbollah sur la scène interne au lendemain de cette grande victoire, notamment à l’heure où les échéances constitutionnelles majeures pointent à l’horizon : les municipales, la présidentielle et les législatives. Le parti politique cherchera-t-il à exploiter son atout capital à des fins électorales ? Selon des sources politiques bien informées, le Hezbollah ne changera pas sa ligne de conduite politique et réagira comme au lendemain de la libération du Liban-Sud. Or certaines parties ne cachent pas leur crainte de le voir utiliser la participation officielle à la cérémonie d’accueil des prisonniers, aujourd’hui, pour renforcer sa présence sur l’échiquier politique et s’imposer une fois pour toutes comme un acteur essentiel sur la scène interne, notamment à partir de l’automne prochain, à l’occasion de la présidentielle. D’autant plus que le parti a su s’assurer une légitimité qui dépasse le cadre libanais, et qui englobe la totalité du monde arabe, à travers ses opérations de résistance au Liban-Sud et la libération du territoire libanais. Mieux encore : l’échange de détenus a éliminé la thèse selon laquelle le parti est une organisation terroriste. En effet, comment Israël pouvait-il négocier avec une organisation terroriste par le biais d’un médiateur ? Tout cela viendrait consacrer le rôle du Hezbollah et accroître sa détermination à libérer les hameaux de Chebaa de l’occupation israélienne, lui assurant ainsi une place pour la prochaine étape. De plus, le parti pourra utiliser son nouveau capital à l’occasion des municipales au Liban-Sud, dans la mesure où le président de la Chambre Nabih Berry sera conduit à conclure une alliance avec lui dans les plus brefs délais pour éviter une victoire fracassante aux dépens du mouvement Amal. Cependant, précisent certains hommes politiques, il est encore trop tôt pour parler de l’étape à venir, de la position qu’occupera le Hezbollah et des conséquences auxquelles pourrait aboutir la libération des prisonniers. Dans ce sens, poursuivent-ils, ce sont les événements futurs qui détermineront le rôle du parti sur le plan local et au niveau du processus de paix. Ainsi fait-on état de l’existence d’un scénario, actuellement à l’étude dans les milieux internationaux, selon lequel Israël serait acculé à se retirer des hameaux de Chebaa en échange de la fin des opérations de la Résistance au Liban-Sud, d’une démilitarisation du Hezbollah et d’un déploiement de l’armée libanaise à la frontière. Il reste que, dans les milieux de l’opposition, on se demande pourquoi l’Allemagne ou tout autre pays européen n’ont pas proposé de mener des négociations entre le Liban et la Syrie dans le but de libérer les détenus libanais en Syrie. D’autant plus que les familles de détenus, appuyées par certaines associations des droits de l’homme libanaises et internationales, ont déjà pris l’initiative de rencontrer les responsables syriens à Damas pour soulever cette question, mais sans succès. Certains opposants s’interrogent par ailleurs sur le sort réservé au comité de suivi du dossier des détenus libanais en Syrie, formé il y a deux ans. Toutefois, la libération des détenus libanais en Israël incite certains proches de Libanais prisonniers en Syrie à demander aux responsables syriens, et plus précisément au président Bachar el-Assad, de prendre une mesure audacieuse en libérant la totalité des Libanais incarcérés en Syrie. Pour leur part, certains observateurs s’attendent à ce que l’Administration Bush exploite le succès de l’échange de prisonniers entre le Hezbollah et Israël comme une carte pour faire pression sur la Syrie et la porter à relâcher les prisonniers libanais et à ouvrir ses prisons aux inspections des représentants des organisations internationales humanitaires. Philippe ABI AKL
Les négociations entre l’État hébreu et le Hezbollah, par l’intermédiaire de l’Allemagne, ont débouché sur un accord réalisé en deux phases : sitôt achevée la première qui se déroule aujourd’hui, la seconde étape doit porter dans les semaines qui viennent sur la libération du doyen des prisonniers libanais en Israël, Samir Kantar, et de plusieurs symboles palestiniens détenus dans les geôles de l’État hébreu. En contrepartie, le Hezbollah s’est engagé à livrer des informations sur l’aviateur israélien Ron Arad et à remettre celui-ci à Tel-Aviv.
La libération des détenus libanais en Israël marque une nouvelle étape dans le conflit israélo-arabe, qui pourrait consacrer les opportunités de règlement et relancer les négociations sur tous les volets pour accélérer la réalisation d’une paix...