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Actualités - Rencontre

RENCONTRE - Des personnages pleins de gaieté Les bonnes humeurs de Ghada Rizk

Lundi matin pluvieux de ce long mois de janvier, le pas pressé dans la rue Gemmayzé. Un personnage dans une grande toile dans une petite vitrine interpelle le passant. L’homme qui occupe la toile est soulagé, presque heureux, le bonheur communicatif. Les pieds dans un seau d’eau, il savoure cet instant, les yeux fermés, et nous le fait partager. On ne sait toujours pas qui est ce monsieur, mais l’artiste est Ghada Rizk, la vitrine, celle de la galerie Fadi Mogabgab. « Je n’aime pas les vernissages mondains », nous explique cette jeune femme, comblée, aussi heureuse, en ce moment, que ses huit personnages qui cohabitent dans l’espace-galerie de Fadi Mogabgab. « J’aime que la personne qui vient découvrir mon travail le fasse parce qu’elle est curieuse de mon travail, qu’elle a envie d’en savoir plus. » Envie partagée avec le maître des lieux, une conception commune et nouvelle des expositions artistiques, qui espère et compte sur la participation du visiteur. Depuis le début du mois de janvier et tout au long de ce mois, Ghada Rizk s’affiche donc sur rendez-vous. C’est un peu « qui m’aime me suive » et ça marche. Nous avons suivi et sommes remontés jusqu’à l’artiste. Que l’on a aimée ! Des personnages particuliers Ghada a fait des études de publicité et de beaux-arts au BUC, s’est perfectionnée durant deux ans au Smithsonian Institute of Art, à Washington DC. Puis elle a exposé, mais c’était il y a longtemps, à la Harbor Gallery de Miami, la Arra Gallery de Washington DC et enfin à la galerie Rochane. « Depuis 1996, j’ai beaucoup travaillé mais pas exposé. Je n’étais plus dans l’humeur de peindre. Et puis, j’ai vécu. » Un mariage, des enfants et des circonstances qui donnent naissance à des personnages différents. Ses thèmes favoris ne lui ressemblent en rien. Ils sont le fruit de son imagination et de son envie. « Je n’ai jamais travaillé à partir d’un modèle. Les sujets viennent tout seuls et s’imposent à moi. Parfois, j’attends, impatiente, que le jour se lève, pour les poser sur ma toile. » Fine, délicate, presque timide, ses « bons hommes », qui sont plutôt gros, dessinés d’un trait de pinceau épais, expriment surtout son humeur du moment. Aujourd’hui, elle est gaie, « je suis de nature heureuse, je déteste la tristesse, les gens morbides. Je me sens, actuellement, dans l’humeur de créer des personnes et des situations drôles, » presque caricaturales, mais sa caricature n’est pas facile, gratuite ou populaire. Elle s’exprime par un tracé plein de finesse et d’humour. Finesse, même s’il s’agit de larges couches de couleurs, couleurs chaudes, le marron surtout, « ma couleur favorite, car elle est basique, je commence avec elle, les autres couleurs suivent, » qui remplissent la toile ; le sujet se mélangeant avec le fond, et vice-versa, pour n’en faire qu’un. « Je ne travaille que l’huile, précise-t-elle. J’adore cette matière, si chaude, que je peux manipuler comme je veux. » Le résultat est pourtant un tableau léger et agréable. « J’ai commencé avec des paysages, mais ça n’a pas marché. Ils ne m’ont pas procuré les sentiments que j’ai ressenti, par la suite, en peignant des êtres humains. » Autrefois, des femmes, maigres, lasses, exposées avant 1996, elles sont aujourd’hui remplacées par des hommes, « cette exposition est strictement masculine », qui sont en vedette : le fumeur, l’artisan, il y a même un Abou al-Hassan « plus latin qu’oriental » ! Personnages attachants, débordant d’humanisme, ils racontent l’histoire que l’on a envie de leur donner. Ils dégagent des émotions et arrachent un sourire complice. « Dans cette toile que j’ai intitulée “Les Amis”, j’ai imaginé une bande de copains dans un bar. Là encore, poursuit-elle en nous montrant la toile, je vois un fumeur qui marche en sifflant, après une journée de travail. » Les introductions faites, il est temps de repartir, avec le sentiment de s’être fait… huit nouveaux amis ! Carla HENOUD Vous pourrez voir les tableaux de Ghada Rizk chez Fadi Mogabgab, rue Gemmayzé, jusqu’à la fin du mois de janvier.

Lundi matin pluvieux de ce long mois de janvier, le pas pressé dans la rue Gemmayzé. Un personnage dans une grande toile dans une petite vitrine interpelle le passant. L’homme qui occupe la toile est soulagé, presque heureux, le bonheur communicatif. Les pieds dans un seau d’eau, il savoure cet instant, les yeux fermés, et nous le fait partager. On ne sait toujours pas qui est ce monsieur, mais l’artiste est Ghada Rizk, la vitrine, celle de la galerie Fadi Mogabgab.
« Je n’aime pas les vernissages mondains », nous explique cette jeune femme, comblée, aussi heureuse, en ce moment, que ses huit personnages qui cohabitent dans l’espace-galerie de Fadi Mogabgab. « J’aime que la personne qui vient découvrir mon travail le fasse parce qu’elle est curieuse de mon travail, qu’elle a envie d’en savoir plus. » Envie...