Le Festival international de la BD d’Angoulême, manifestation de référence du « 9e art », s’ouvre demain jeudi et déroulera ses images jusqu’au 25 janvier pour sa 31e édition.
Pendant quatre jours, la ville va craquer en ses remparts, plus que doubler sa population et célébrer la bande dessinée dans toutes les langues et d’abord en français avec Régis Loisel. Le flamboyant dessinateur de La quête de l’oiseau du temps et de Peter Pan, Grand prix 2003 d’Angoulême, a droit, comme il est de tradition, à l’exposition-vedette de l’édition 2004, qui perdurera au-delà du festival jusqu’au 30 avril. Elle est installée au Centre national de la BD et de l’image (CNBDI), l’institution qui, avec son dépôt légal, son musée, sa librairie, son centre de conservation de planches de BD, ses expositions et son centre de ressources, prouve toute l’année qu’Angoulême est capitale de la BD.
Il y a aussi une expo rétrospective du très populaire Rahan, le fils des âges farouches d’André Chéret, une expo consacrée à l’Anglais Dave Mc Kean, un Fregoli du graphisme (BD, peinture, illustrations, photos, design...). Au programme également des expos-jeunesse, dont l’une avec toute « la bande à Tchô », c’est-à-dire les séries à succès pour enfants ayant fleuri autour de Titeuf, et une autre autour des Sardines de l’espace de Sfar et Guibert, et d’autres expos encore pour petits et grands à travers la ville. C’est notamment l’exposition « jeunes talents » : trente lauréats d’un concours (400 candidats) réservé à la « relève », aux aspirants dessinateurs n’ayant pas encore publié, voient leur œuvre affichée pendant quatre jours et ils sont invités pour rencontrer leurs aînés.
Deux nouveaux prix décernés
D’autre part, les bédéistes œuvrant en ateliers à Angoulême (Maison des auteurs et Atelier Sanzot) font portes ouvertes sur leurs travaux, et l’école flamande de bande dessinée de Bruxelles, Sint Lukas, s’exporte en Charente. Outre un spectacle de théâtre autour de l’œuvre de l’Américain Will Eisner qui fut un des premiers Grand prix d’Angoulême (1975), le festival verra de nombreux débats, dont l’un sur « BD et Ciné » et, pour la deuxième année, des « Rencontres » mêlant images projetées et entretiens avec des auteurs de tous pays : Joost Swarte (Pays-Bas), Lorenzo Mattotti (Italie), Carlos Nine (Argentine), Chris Ware (États-Unis), Dave Mc Kean (G-B) et puis les Français Ted Benoit, Enki Bilal, Régis Loisel...
Le nouveau Grand prix 2004 sera couronné samedi soir et, dès demain soir, seront remis les prix décernés aux albums ayant marqué l’année : prix du meilleur album en général, du meilleur premier album, du meilleur dessin, du meilleur scénario. Deux nouveautés marqueront ce palmarès : prix de la meilleure série et prix du patrimoine récompensant un classique venant d’être réédité.
Un record de publications, en France, pour 2003
La bande dessinée, dont le principal festival, celui d’Angoulême qui ouvre demain jeudi, est un secteur en pleine expansion avec 2526 livres publiés rien qu’en France en 2003, chiffre en hausse pour la 8e fois consécutive, selon l’enquête que vient de réaliser l’Association des critiques de bande dessinée.
L’essentiel de cette production est constitué par les albums de BD proprement dit : 1 730 nouveautés (1 494 l’an dernier) et 515 rééditions. Il faut y ajouter 212 recueils d’illustration réalisés par des bédéistes et 69 ouvrages sur la BD, soit un total de 2 526 titres contre 2 204 en 2002. Ce sont en grande majorité des albums en français, œuvres des 1264 auteurs répertoriés sur l’espace francophone, mais on trouve également, en 2003, 767 traductions, dont 521 BD japonaises ou coréennes (377 l’an dernier) et 142 BD américaines.
La bande dessinée (13% du marché du livre) est ainsi, en France, le secteur de l’édition le plus porteur avec les ouvrages pour la jeunesse, les livres pratiques et le parascolaire.
185 maisons d’édition (180 l’an dernier) se partagent le gâteau, mais 75% de la production et plus de 80% des ventes se concentrent chez 26 éditeurs, chez qui se retrouvent tous les best-sellers. 2003 n’a pas connu de nouveau Titeuf mais le petit héros de Zep se classe toutefois toujours en tête des ventes de livres de l’année, toutes catégories confondues. Sinon, Astérix et la rentrée gauloise, réédition d’histoires courtes augmentée d’inédits, caracole en tête avec un tirage exceptionnel de 1500000 exemplaires!
Ensuite viennent le nouveau Blake et Mortimer (600000), le dernier Petit Spirou (590000), Joe Bar Team (5300000), 32 décembre de Bilal (425000), Boule et Bill (400000) ou encore Le Chat de Géluck, Lanfeust de Troy et Cédric (300000 exemplaires chacun). Une vingtaine d’autres titres dépassent les 100000 comme Le cri du peuple de Tardi (135000 exemplaires) et une bonne cinquantaine atteignent ou dépassent les 50000.
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Pendant quatre jours, la ville va craquer en ses remparts, plus que doubler sa population et célébrer la bande dessinée dans toutes les langues et d’abord en français avec Régis Loisel. Le flamboyant dessinateur de La quête de l’oiseau du temps et de Peter Pan, Grand prix 2003 d’Angoulême, a droit, comme il est de tradition, à l’exposition-vedette de l’édition 2004, qui perdurera au-delà du festival jusqu’au 30 avril. Elle est installée au Centre national de la BD et de l’image (CNBDI), l’institution qui, avec son dépôt légal, son musée, sa librairie, son centre de conservation de planches de BD, ses expositions et...