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Actualités - Opinion

HUMEUR Positivez ? Quel exploit !

J’ai décidé de positiver. De positiver et de rêver. La situation l’exige. Alors, pourquoi voir partout des théâtres qui agonisent sans que personne ne s’en alarme ? Pourquoi s’inquiéter de la fermeture de galeries d’art qui n’indisposent qu’un groupe d’initiés ? S’étonner de libraires mettant la clé sous la porte alors que lire n’est plus vraiment à la mode ? Voir des festivals internationaux tirer le diable par la queue lorsque des millions de dollars s’en vont ailleurs par complaisance ? Bref, l’art et la culture au Liban ne seraient-ils réellement que des produits de luxe superflus, réservés à une élite bien pensante et friquée de préférence ? Qui s’en plaindrait. D’ailleurs en aurait-on les moyens ? Alors le Libanais s’accommode de programmes télé futiles aux moindres frais, de films de violence bon marché, d’un désert de béton asphyxiant et d’un affichage tellement sauvage qu’il bouche tous les horizons. C’est le tableau idyllique d’un quotidien boîte de pandore. Et ce Libanais qui s’enfonce dans la bêtise et l’ignorance alors qu’il n’en demandait pas tant. Manger à sa faim, éduquer sa progéniture et vivre décemment l’auraient intéressé davantage, et relevé son niveau de vie déjà bien bas. Mais bon, si l’abrutissement total est la seule denrée disponible à profusion et que le nivellement ne peut se faire que par le bas, pourquoi pas ? Bravo et plutôt merci. Mais attention, personne, évidemment, n’est responsable de cette situation. C’est mieux, parce que personne évidemment ne se sent visé. Car, par les temps qui courent, tous sont devenus susceptibles. Les pauvres. Positiver et rêver. Deux « activités » gratuites, donc libres de taxes et de TVA. Deux choix qui éviteraient bien des ennuis à qui sait en user ou même abuser. Et qui font de vous les rois de l’univers. Rêver, c’est ce qui nous reste de mieux à faire. Mais positiver ? Quel exploit ! Surtout dans ce pays. Maria CHAKHTOURA
J’ai décidé de positiver. De positiver et de rêver. La situation l’exige.
Alors, pourquoi voir partout des théâtres qui agonisent sans que personne ne s’en alarme ? Pourquoi s’inquiéter de la fermeture de galeries d’art qui n’indisposent qu’un groupe d’initiés ? S’étonner de libraires mettant la clé sous la porte alors que lire n’est plus vraiment à la mode ? Voir des festivals internationaux tirer le diable par la queue lorsque des millions de dollars s’en vont ailleurs par complaisance ? Bref, l’art et la culture au Liban ne seraient-ils réellement que des produits de luxe superflus, réservés à une élite bien pensante et friquée de préférence ? Qui s’en plaindrait. D’ailleurs en aurait-on les moyens ?
Alors le Libanais s’accommode de programmes télé futiles aux moindres frais, de...