Dans son commentaire, le brigadier Génadry citait, pour justifier la peine de mort, Cesare Bonesana, marquis de Beccaria. Inadmissible erreur, car Beccaria est considéré comme étant à l’origine du courant abolitionniste!
Jeune juriste et économiste milanais de 26 ans, César Beccaria (1738-1794) publie en 1764 un traité intitulé Des délits et des peines ( et non pas De la promptitude des châtiments qui est le titre du chapitre XIX de ce même livre), qui amorce la réflexion abolitionniste en Europe. C’est grâce à cet ouvrage que Voltaire devint partisan de l’abolition, que Léopold II abolit la peine de mort en Toscane (1786) et que Joseph II la supprima en Autriche (1787).
En effet, Beccaria s’interroge dans ce traité sur l’utilité et le justice de la « profusion de supplices » alors en vigueur. Et au commencement du chapitre 28 (« De la peine de mort »), il lance ces phrases qui marqueront la naissance de l’abolitionnisme: « Si je prouve que la peine de mort n’est ni utile ni nécessaire, j’aurai fait triompher la cause de l’humanité » et, un peu plus loin, « En donnant aux hommes l’exemple de la cruauté, la peine de mort n’est pour la société qu’un mal de plus. »
Deux cent quarante ans plus tard, la relecture de Beccaria devrait faire partie de la prochaine session parlementaire. Peut-être qu’alors quelques-uns de nos députés auront-ils le courage politique de présenter un projet de loi abolitionniste au Parlement?
Zahi Jamous
Dans son commentaire, le brigadier Génadry citait, pour justifier la peine de mort, Cesare Bonesana, marquis de Beccaria. Inadmissible erreur, car Beccaria est considéré comme étant à l’origine du courant abolitionniste!
Jeune juriste et économiste milanais de 26 ans, César Beccaria (1738-1794) publie en 1764 un traité intitulé Des délits et des peines ( et non pas De la promptitude des châtiments qui est le titre du chapitre XIX de ce même livre), qui amorce la réflexion abolitionniste en Europe. C’est grâce à cet ouvrage que Voltaire devint partisan de l’abolition, que Léopold II abolit la peine de mort en Toscane (1786) et que Joseph II la supprima en Autriche (1787).
En effet, Beccaria s’interroge dans ce traité sur l’utilité et le justice de la « profusion de supplices » alors en vigueur. Et au...
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